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Churchill Falls: une entente «dans les prochaines semaines» entre Québec et T.-N.-L.

durée 19h12
21 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

CHARLOTTETOWN — Le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador en arriveront à une entente «dans les prochaines semaines» dans l'épineux dossier de l'accroissement du potentiel hydro-électrique du fleuve Churchill (Labrador), a suggéré la première ministre Christine Fréchette, tandis que son homologue terre-neuvien était plus prudent.

Tout en reconnaissant qu'il était minuit moins une, Mme Fréchette affichait un certain optimisme au sortir de son premier entretien en face-à-face avec son vis-à-vis Tony Wakeham, celui-là même qui retarde la signature d'un accord final depuis son élection en 2025.

«Les choses avancent», a-t-il répondu d'ailleurs plus laconiquement après la rencontre, dans un point de presse séparé.

L'entretien s'est tenu en marge de la réunion estivale du Conseil de la fédération, le forum des premiers ministres des provinces qui se déroule cette année à Charlottetown.

«Espérons que ça arrivera (une entente), on fait des progrès», a-t-il ajouté, tout en évitant d'évoquer une échéance qui le contraindrait, soit le scrutin général imminent au Québec qui se tiendra en septembre et qui pourrait élire un gouvernement avec d'autres exigences ou priorités.

Mais Mme Fréchette s'est avancée un peu plus en laissant entendre qu'ils convenaient tous deux d'une conclusion prochaine.

«On s'est dit tout à l'heure qu'on était confiants de clore ça dans les prochaines semaines», a-t-elle affirmé.

La première ministre a d'ailleurs indiqué qu'elle allait reparler à M. Wakeham dans les prochains jours.

À la fin de la session parlementaire, Mme Fréchette avait déjà soutenu que le projet d'accord «est à risque» s'il n'est pas entériné avant les élections de cet automne au Québec et que la Coalition avenir Québec (CAQ) n'est pas reconduite au pouvoir.

Le Québec compte sur cette entente pour obtenir les mégawatts dont il a besoin pour répondre à la croissance de la demande jusqu'en 2075, mais de son côté, Terre-Neuve-et-Labrador veut renégocier le protocole d'entente, signé à l'origine en décembre 2024, pour obtenir de meilleurs termes.

Mme Fréchette avait suggéré en décembre dernier que le Québec avait des plans B et C pour pouvoir s'approvisionner en cas d'échec des négociations avec le voisin terre-neuvien.

À l'origine, l'ambitieux protocole d'entente signé en décembre 2024 dans l'enthousiasme par son prédécesseur François Legault et le premier ministre terre-neuvien de l'époque Andrew Furey semblait destiné à aboutir en entente finale.

Mais M. Furey a quitté la vie politique au printemps de 2025 et le gouvernement progressiste-conservateur de M. Wakeham, qui a été élu par la suite, a mis en place un comité qui a conclu en mai dernier que sa province devait obtenir des conditions plus avantageuses.

Le projet d'accord devait régler un vieux contentieux avec Terre-Neuve-et-Labrador en remplaçant l'accord actuel 1969-2041 d'exploitation de la centrale commune de Churchill Falls que la province juge injuste.

Et de surcroît, Hydro-Québec allait investir massivement pour accroître la production sur le Churchill dans des projets de partenariat estimés à plus d'une trentaine de milliards de dollars.

Actuellement, Hydro achète l'électricité de la centrale à 0,2 cent le kilowattheure (k/Wh) pour la revendre à un prix plus élevé.

Le projet d'entente prévoit qu’Hydro-Québec augmenterait graduellement la redevance pour qu'elle atteigne 6 cents le kW/h, soit 30 fois plus que le prix actuel.

En outre, il y aurait un chantier pour augmenter la puissance de la centrale de Churchill Falls de 550 MW, et pour construire une deuxième centrale de 1100 MW à proximité, et enfin une centrale de 2250 MW en aval à Gull Island.

Les estimations pour ces trois projets à l'origine tournaient autour de 25 milliards $ au total, auxquels il fallait donc ajouter la hausse des redevances que verserait Hydro.

La puissance de la centrale existante de Churchill Falls est de 5400 MW et elle fournit 15 % de l’électricité d’Hydro-Québec.

Si l'entente aboutit, le Québec pourrait avoir accès à 7200 MW additionnels pour combler ses besoins, notamment pour décarboner son économie conformément aux accords internationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Avant d'être vaincus aux élections de 2025, les libéraux terre-neuviens affirmaient que la proposition, si elle était finalisée comme prévu en avril 2026, allait rapporter à la province plus de 225 milliards $ au cours des 50 prochaines années.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

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