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Churchill Falls: il faut que l’équilibre soit maintenu, dit Christine Fréchette

durée 16h00
19 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

PARIS — L’épineux dossier de Churchill Falls rattrape la première ministre Christine Fréchette jusqu’à Paris. Un rapport du groupe d’experts nommé par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador estime que le projet d’accord énergétique avec Hydro-Québec ne sert pas les intérêts de la province. Mme Fréchette se dit prête à mettre de l’eau dans son vin, mais que ses potentielles concessions ne seront pas gratuites.

«S’il y a une demande de la part de Terre-Neuve de revoir des éléments, nous aussi on aura cette demande-là. Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, en est conscient», a affirmé la première ministre Fréchette en entrevue avec La Presse Canadienne mardi à Paris.

«Il faut que l'équilibre au global soit maintenu», a-t-elle ajouté.

La première ministre doit rencontrer M. Wakeham prochainement.

En point de presse mardi, le premier ministre terre-neuvien a invité le gouvernement fédéral à la négociation.

«Aux tables de négociation, ça se passe entre Québec et Terre-Neuve. Est-ce que le fédéral peut jouer un rôle? Je leur laisse avancer sur ce qu'ils voudraient proposer», a pour sa part rétorqué la première ministre, mardi.

Christine Fréchette est restée prudente dans ses réponses sur le sujet, affirmant qu’elle devait prendre connaissance des détails du rapport.

«On demeure convaincu que l'entente de principe était une entente gagnante-gagnante. Et on pense que l'entente définitive peut être une entente gagnante-gagnante», a pour sa part affirmé le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, en point de presse à Saint-Michel-des-Saints, au Québec.

Limiter la croissance économique

L’accord permettrait également à Hydro-Québec de mener de nouveaux projets sur le fleuve Churchill, aux côtés de Newfoundland and Labrador Hydro. Si ces projets se concrétisaient, les services publics se partageraient à terme plus de 9000 mégawatts d’électricité, dont Hydro-Québec aurait droit à environ 80 %.

Terre-Neuve-et-Labrador recevrait davantage d’argent d’Hydro-Québec pour l’électricité produite à Churchill Falls et verrait sa part d’électricité augmenter au cours de la durée de l’accord, a noté le comité. Mais ces augmentations s’amenuiseront après 2041.

Cela risque de limiter la croissance économique à long terme et de nuire au secteur minier de l’ouest du Labrador, qui est déjà freiné par un manque d’électricité disponible.

On se dit également préoccupé par le fait que Newfoundland and Labrador Hydro ne disposerait d’aucune capacité de transport pour vendre l’électricité de Churchill Falls aux marchés d’exportation.

Des prix défiant toute concurrence

En décembre 2024, le prédécesseur de Christine Fréchette, François Legault, a signé un protocole d'entente avec la province voisine pour régler cette vieille pomme de discorde. Mais depuis l'élection d'un nouveau gouvernement conservateur à Terre-Neuve-et-Labrador en octobre 2025, l'accord est remis en question.

Actuellement, Hydro-Québec obtient la majeure partie de l’électricité à des prix défiant toute concurrence en vertu d’un contrat signé en 1969 qui est depuis longtemps une source d’amertume à Terre-Neuve-et-Labrador.

En vertu du projet d’entente sur la table, dans un premier temps, Hydro-Québec augmenterait graduellement la redevance pour qu’elle atteigne 6 cents le kWh, soit 30 fois plus que le prix actuel.

Dans un deuxième temps, il y aurait un chantier pour augmenter la puissance de la centrale de Churchill Falls, mais aussi pour une deuxième centrale à proximité, ainsi qu’une centrale en aval du fleuve Churchill à Gull Island, des projets évalués à plusieurs milliards de dollars.

Le Québec aurait ainsi accès à 7200 MW additionnels pour combler ses besoins, notamment pour décarboner son économie conformément aux accords internationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES).

- Avec les informations de Sarah Smellie et Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

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