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Carney a reçu une note sur l'inquiétude causée par la tuerie de Tumbler Ridge

durée 13h14
26 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Trois jours après la tuerie survenue en février à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, des responsables gouvernementaux ont averti le premier ministre Mark Carney que le sentiment en ligne évoluait, passant d'un deuil collectif vers «des discours émergents sur la responsabilité» — notamment des questions concernant les interventions en matière de santé mentale, l'accès aux armes à feu et la possibilité que des signaux d'alerte aient été ignorés.

La note adressée à M. Carney par le Bureau du Conseil privé indiquait que la réaction générale du public était dominée par un sentiment de choc et de deuil national, avec de vives manifestations de solidarité et de soutien envers les victimes, les familles et la communauté anéantie du nord-est de la Colombie-Britannique.

Elle soulignait également que, si la confiance envers les premiers intervenants restait intacte après ces violences qui ont coûté la vie à neuf personnes et fait plus d’une vingtaine de blessés, «la surveillance visant les systèmes dans leur ensemble devrait s’intensifier à mesure que l’enquête progresse».

La Presse Canadienne a utilisé la Loi sur l’accès à l’information pour obtenir une copie de la note. Plusieurs passages ont été caviardés avant que le document ne soit dévoilé.

Le 10 février, Jesse Van Rootselaar, âgée de 18 ans, a tué sa mère et son demi-frère à leur domicile, puis s'est rendue dans une école pour tuer six autres personnes avant de se suicider.

La Gendarmerie royale du Canada a rapidement commencé à divulguer des détails sur la tireuse.

Van Rootselaar était de sexe masculin à la naissance et a entamé sa transition de genre environ six ans avant le drame. La police s’était rendue au domicile de la famille à plusieurs reprises au fil des ans en raison de problèmes de santé mentale. Des armes à feu avaient été saisies à au moins une occasion, puis restituées par la suite.

Il a ensuite été révélé que le compte OpenAI de Van Rootselaar avait été fermé en raison de publications inquiétantes, dont certaines décrivaient des scénarios de violence par arme à feu.

Deux groupes militant pour le contrôle des armes à feu ont récemment renouvelé leurs demandes à ce que des informations sur les armes à feu utilisées lors de la tuerie de février soient révélées.

La ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Nina Krieger, a indiqué jeudi dernier que l'enquête policière en était à ses dernières étapes, mais que rendre ces informations publiques trop tôt pourrait la compromettre.

M. Carney a assisté à une veillée à Tumbler Ridge le 13 février, date de l'émission de la note interne.

Le document résumait les faits connus sur le drame et Van Rootselaar, détaillait la réponse du gouvernement fédéral et décrivait la réaction du public dans les médias, y compris sur les plateformes en ligne.

La note comprenait en annexe une «analyse des sentiments» qui examinait de manière plus approfondie les impressions rapportées par les médias et sur les réseaux sociaux.

«Les premiers signes de polarisation apparaissent, en particulier sur les réseaux sociaux, où les discours identitaires, les débats politiques et la désinformation commencent à fragmenter le débat public», indiquait la note.

Elle ajoutait que certains thèmes allaient probablement prendre de l’importance au cours des jours et des semaines à venir, notamment les questions relatives à la santé mentale.

«Les familles et les observateurs se sont inquiétés de savoir si des signes avant-coureurs avaient été ignorés», précisait la note.

«Cette tragédie a déjà suscité davantage de discussions autour du contrôle des armes à feu.»

Le sentiment concernant de possibles défaillances systémiques y était décrit comme émotionnel, mais analytique, et il était précisé que ce dernier était souvent dirigé contre des institutions telles que les forces de l’ordre et les autorités de régulation.

La note mettait également en garde contre le fait que les réseaux sociaux révélaient une polarisation liée à l’identité du tireur, notamment des échanges hostiles entre groupes idéologiques.

«De fausses allégations et des informations erronées concernant la violence envers les personnes transgenres ont circulé en ligne», indiquait la note.

«Les reportages des médias confirment que les discours sur les réseaux sociaux alimentent la rhétorique anti-trans.»

Les responsables ont conclu que le sentiment en ligne était émotionnellement intense et majoritairement empathique — mais très vulnérable «à la polarisation et à l'amplification de la désinformation».

Jim Bronskill, La Presse Canadienne

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