C.-B.: la police déploie un protocole post-décriminalisation

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Par La Presse Canadienne, 2026
VICTORIA — Le président de l'Association des chefs de police de la Colombie-Britannique a déclaré que la simple possession de petites quantités de drogue ne donnera plus lieu à des arrestations après la fin de la décriminalisation, le 31 janvier, «sauf circonstances atténuantes».
Andrew Chan, également chef adjoint du service de police de Vancouver, a précisé que si les services de police municipaux et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pourraient potentiellement procéder à des arrestations pour possession de drogue, «ce n'était pas le cas auparavant», a-t-il affirmé, en référence à la période précédant la décriminalisation.
«Nous comprenons qu'il s'agit d'un problème de santé publique lié à la toxicomanie, et, sauf circonstances atténuantes, la simple possession ne donnera lieu à aucune arrestation», a-t-il dit lundi.
M. Chan a assuré que la police travaillait en étroite collaboration avec le gouvernement provincial à l'élaboration de lignes directrices concernant la fin du programme pilote de trois ans en Colombie-Britannique, mais que la population ne devait pas s'attendre à «un changement notable sur le terrain».
M. Chan a précisé qu'un comité composé de représentants de son association, ainsi que des ministères provinciaux de la Santé, de la Sécurité publique et du Solliciteur général, travaillait à l'élaboration de protocoles.
«Ils ne sont pas encore accessibles au public, a indiqué M. Chan. Ils sont toujours en cours d'élaboration, mais ils seront déployés avant le 1er février auprès de tous les services de police de la province.»
La Colombie-Britannique a annoncé ce mois-ci qu'elle ne demanderait pas la prolongation de l'exemption de Santé Canada, qui décriminalisait la possession de jusqu'à 2,5 grammes de drogues pour usage personnel, notamment le fentanyl, la cocaïne et la méthamphétamine.
M. Chan s'exprimait lors d'une conférence de presse à Victoria, où le gouvernement provincial a annoncé le financement d'un outil numérique destiné aux policiers intervenant auprès de personnes en situation de crise de santé mentale.
Nina Krieger, ministre de la Sécurité publique et solliciteure générale de la Colombie-Britannique, a annoncé que la province accorderait à l'Association des chefs de police de la Colombie-Britannique un financement annuel de 2 millions de dollars pour le déploiement de l'outil HealthIM à l'échelle de la province.
«Cet outil fournit des données probantes en temps réel et des conseils éclairés pour aider les policiers à évaluer les risques, à désamorcer les situations conflictuelles et à orienter les personnes en crise vers les soins appropriés, a expliqué Mme Krieger. Il permet aux policiers de prendre des décisions fondées sur des données probantes quant aux personnes qui doivent être transportées aux urgences et à celles qui doivent être réorientées vers des services communautaires plus adaptés.»
M. Chan a expliqué que les policiers sont souvent le premier point de contact lorsqu'une personne est en crise, ajoutant que ces situations peuvent être imprévisibles et comporter des risques importants pour toutes les personnes impliquées.
M. Chan a souligné que le système, basé sur une application, permet aux agents de partager des renseignements avec les professionnels de la santé aux urgences en temps réel, afin que les risques puissent être évalués.
«Cela favorise des interactions plus sécuritaires, une meilleure prise de décision et un accès plus rapide et plus approprié aux soins, a affirmé M. Chan. Cet outil ne remplace toutefois pas le jugement des agents. Il le renforce.»
Wolfgang Depner, La Presse Canadienne