Boréal défend Thélyson Orélien, accusé d'avoir utilisé l'IA
MONTRÉAL — Les Éditions du Boréal défendent Thélyson Orélien, auteur de «C'était ça ou mourir», après qu'il a été accusé d'avoir utilisé l'intelligence artificielle (IA) pour l'écriture de son roman en lice pour de nombreux prix.
Venant tout juste de remporter le prix du roman Fnac en France, «C'était ça ou mourir» se trouve, entre autres, aussi sur la liste des livres qui pourraient remporter le prix Goncourt et le Médicis.
Le roman est toutefois plongé dans la tourmente depuis lundi, quand le compte anonyme «Balance ton Claude» a fait une publication sur X disant que, selon le logiciel américain de détection d'IA Pangram, l'oeuvre d'Orélien aurait été rédigée «presque intégralement par une intelligence artificielle».
«Ces déclarations sont très graves et portent directement atteinte à la réputation de l’auteur», a réagi Boréal, dans un communiqué diffusé mardi.
«Thélyson Orélien, s’il vient tout juste d’être révélé au grand public, poursuit une carrière d’écrivain depuis maintenant 20 ans, soit bien avant l’avènement de l’IA générative. Il a achevé le premier jet de son roman il y a plusieurs années, et le texte a ensuite mûri au fil de nombreux allers-retours avec son éditrice, dont témoignent les versions successives du manuscrit jusqu’à sa forme finale», a affirmé la maison d'édition.
«Je viens d’une tradition littéraire haïtienne et caribéenne où la poésie, les images, les répétitions et le rythme portent une parole vivante, a fait valoir l'auteur, dans le même communiqué. C’est dans cet héritage que ma voix s’est construite. On peut discuter de mon style, mais faire de ces procédés des preuves d’intelligence artificielle n’a rien à voir avec la critique littéraire.»
Orélien a également accordé une entrevue au média français «Libération», se défendant d'avoir utilisé l'IA et déplorant, depuis son arrivée en France, avoir subi «de nombreuses attaques racistes». L'auteur a aussi dit à «Libération» être en train de constituer un dossier avec ses éditeurs en France et au Québec pour prouver ses dires. La maison d'édition Grasset est chargée de distribuer le roman dans l'Hexagone.
«C'était ça ou mourir», publié l'hiver dernier au Québec, raconte l'histoire d'un professeur d'histoire fuyant la violence de Port-au-Prince, en Haïti, pour immigrer au Canada.
La Presse Canadienne

