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Axelys reçoit un autre 20 M$ pour faire le pont entre la recherche et les entreprises

durée 16h08
7 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Québec ajoute 20 millions $ sur trois ans aux coffres d’Alexys, l’organisme à but non lucratif créé par le gouvernement Legault en 2021 pour faire le pont entre les chercheurs du domaine public – recherche universitaire, médicale et autres – et les entreprises pouvant commercialiser leurs découvertes.

Le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Daniel Bernard, en a fait l’annonce, mardi, dans les bureaux montréalais d’Alexys. «Un des défis qu'on a, au Québec, c'est la valorisation de la recherche. C’est un enjeu qu'on a de trouver les bons résultats de recherche que nous avons, les valoriser et éventuellement stimuler une innovation et les amener à un autre niveau», a-t-il expliqué.

Conserver nos propriétés intellectuelles

M. Bernard a fait valoir que le Québec doit s’assurer de conserver ses propriétés intellectuelles «parce que si on peut les garder, c'est notre économie qui va en bénéficier, nos chercheurs et autres au lieu qu'éventuellement, les fruits de cette recherche-là soient pris par d'autres acteurs de d'autres pays».

Le soutien que peut apporter Axelys aux jeunes pousses et aux PME permet de «stimuler la création de jeunes entreprises autour des technologies issues de la recherche publique», a-t-il fait valoir.

«Depuis 2021, Axelys a réalisé un total de 175 transferts technologiques et a contribué directement à la création de 63 entreprises dérivées», a affirmé son président-directeur général, Jesse Vincent-Herscovici, lors de l’annonce. Durant la dernière année, la quasi-totalité (95 %) des transferts réalisés par Axelys ont été faits auprès de PME québécoises. M. Vincent-Herscovici n’était pas peu fier, par ailleurs, de souligner que plus du quart (27 %) des projets de transfert ayant bénéficié de l’appui financier d’Axelys ont eu lieu en région, à l'extérieur des grands centres urbains que sont Montréal, Québec et Sherbrooke.

«Un enjeu de souveraineté économique»

«Dans une économie fondée sur le savoir, à qui appartiennent les actifs intellectuels devient plus critique que jamais. Elle constitue un levier de compétitivité. Elle est aussi un enjeu de souveraineté économique et rien de moins. Chaque découverte qui demeure au Québec renforce notre capacité d'innover, de créer des entreprises et des emplois ici. Protéger notre propriété intellectuelle, c'est d'assurer plus de contrôle sur notre avenir économique et sociétal», a expliqué le PDG.

«Notre responsabilité est d'accélérer la transformation de cet immense potentiel et de l'appliquer à nos divers besoins, a-t-il fait valoir. De s'engager à faire en sorte que les découvertes issues de notre recherche publique créent toujours plus de valeurs pour le Québec en premier, permettent aussi de justifier, donc de sécuriser, leur financement à long terme, une prospérité pérenne.

«Les défis qui nous attendent sont importants, a-t-il poursuivi. La santé, l'énergie, l’intelligence artificielle, les grands enjeux de société, les technologies quantiques, notre productivité et notre taux de productivité, notre compétitivité auprès des marchés internationaux, rien de moins. Le Québec possède déjà les talents et une recherche publique de premier rang, lui permettant de naviguer avec succès à travers ces réalités.»

Le nouveau scientifique en chef du Québec, Jérôme Dupras, qui assistait à l’annonce, a renchéri avec d’autres défis auxquels le Québec est confronté: «nous avons identifié collectivement des grands défis contemporains au Québec, que sont les changements climatiques, le vieillissement de la population, les transformations numériques et les transformations en éducation».

Éviter la dérive américaine

Il s’est réjoui de la confiance qu’a la population québécoise envers la science. «Cette confiance est précieuse. Elle n'est pas sans potentielles attaques, alors nous avons la responsabilité de la préserver, de la nourrir et de retourner vers la population les fruits de nos travaux dans un langage clair et dans des formes qui en rejoignent le plus grand nombre.»

Il n’a eu aucun mal à identifier ces potentielles attaques. «De l'autre côté de la frontière, la science est ouvertement remise en question et les budgets de recherche y subissent des coupes drastiques et parfois même arbitraires. Ici, au Québec, nous faisons un autre choix. Nous choisissons de continuer à soutenir la science.»

Ce choix est capital a-t-il rappelé, puisque «les savoirs issus de la recherche doivent aussi nourrir la décision publique et doivent être portés à l'attention de nos décideuses et de nos décideurs afin de favoriser des choix éclairés, solides et bien ancrés dans les meilleures connaissances disponibles. Le soutien qui nous est accordé nous permet donc aussi de poursuivre des initiatives de conseils scientifiques qui visent à rapprocher les scientifiques des milieux décisionnels et politiques».

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

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