Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Attention aux engelures pendant la vague de froid, notamment pour les enfants

durée 14h40
23 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — On anticipe une hausse dans les hôpitaux des cas d'engelures et des blessures dues à une chute sur la glace, alors qu'un vortex polaire s'abat sur le Québec cette fin de semaine. Des experts font leurs recommandations pour les personnes qui se risqueraient à affronter le froid et déconseillent aux populations vulnérables de s'y exposer longtemps.

Les prévisions météorologiques prévoient dans les prochains jours des températures moyennes entre -35 et -40 degrés Celsius dans le nord du Québec, et de -30 degrés Celsius dans le sud de la province.

«Ce sont des températures vraiment exceptionnelles. Et effectivement, on a des risques d'engelures, tout le monde qui sort en fin de semaine doit y porter attention», prévient le Dr David Kaiser, médecin spécialisé en santé publique.

Les premiers signes d'une engelure sont une tache blanche et une perte de sensibilité de la peau. «Ce n'est pas tellement flagrant au début, souvent ça passe inaperçu et les personnes pensent qu'il n'y a rien», commente le Dr Edouard Coeugniet, chirurgien plasticien au CHUM, où il pratique notamment à l'unité des grands brûlés, qui est particulièrement confrontée aux problèmes d'engelure par période de grand froid.

Les extrémités sont les parties du corps les plus à risque d'engelure. Il faut donc surveiller les pieds, les mains, les oreilles et le nez, qui est souvent oublié. «Pour les enfants en particulier, le nez est très vulnérable. Souvent, quand on voit apparaître une tache blanche et que c'est négligé, ça peut finir de manière assez catastrophique en amputation partielle du nez», affirme Dr Coeugniet.

Lorsqu'on constate une tache blanche sur la peau, c'est un «signe d'alerte» et il faut tout de suite rentrer ou mettre de l'eau chaude pour prévenir que l'engelure s'aggrave. On conseille de réchauffer la zone avec de l'eau chaude à 30 à 40 degrés pendant au moins 20 à 30 minutes. «Après, si l'aspect de la peau ne revient pas à la normale, c'est là qu'il faut consulter», explique Dr Coeugniet.

Les engelures ont différents niveaux de gravité, mais elles ont toutes la même apparence au début. «Après le réchauffement, on se rend compte à quel stade cette engelure est allée. Mais au début, elles sont toutes pareilles, que ce soit des superficielles ou des profondes, on ne le voit pas cliniquement. Donc, toute tache blanche ou toute insensibilité devrait mener à un traitement immédiat, qui est la chaleur en fait», résume Dr Coeugniet.

Pour les engelures plus graves, on peut voir apparaître des cloques qui ressemblent à des brûlures par le chaud ou des bulles qui sont remplies de sang. On peut aussi avoir les extrémités qui deviennent d'une couleur bleutée. Dans ces situations, il faut consulter à l'urgence au plus vite.

Pas de panique pour les personnes en bonne santé

La santé publique ne proscrit pas aux gens en bonne santé d'aller dehors, mais il est préférable d'éviter les activités physiques intenses, puisque le froid met déjà un stress sur le système, explique le Dr David Kaiser.

«De façon générale, les personnes en bonne santé peuvent aller dehors, il faut juste s'adapter au fait qu'il fait très froid», mentionne-t-il.

Même chose pour les enfants sans problème de santé. «C'est une question d'exposition finalement. C'est la température et le temps qu'on y passe. Si on veut vraiment aller dehors, comme prendre une marche, on revient en dedans, on prend un répit du froid, comme on ferait l'été pour la chaleur, recommande Dr Kaiser. Il s'agit juste de réduire un peu le temps d'exposition, mais il n'y a aucun enjeu si on est bien habillés.»

Les personnes vulnérables au froid sont les aînés, les personnes avec une maladie chronique, les personnes en situation d'itinérance et les travailleurs qui doivent être dehors. «C'est déconseillé de s'exposer au grand froid pour ces populations vulnérables, comme les personnes qui ont des problèmes de santé où la circulation dans le corps se fait moins bien, comme l'asthme, les diabétiques», indique Dr Coeugniet.

Tolérance pour les personnes itinérantes

La santé publique est particulièrement inquiète pour les personnes sans abris lors des périodes de grand froid.

«Notre préoccupation première, notamment dans les milieux urbains du Québec, ça va être les personnes en situation d'itinérance. On sait que ce sont des personnes qui peuvent avoir plus de maladies chroniques, que ce soit physique ou mental. Et on sait que ce sont des personnes qui ont moins accès, par exemple, à des vêtements de qualité, à pouvoir changer leurs vêtements quand ils sont mouillés, qui sont dehors pour des périodes prolongées. Et là vraiment, il y a un risque de décès, puis c'est ce qu'on veut éviter», fait valoir le Dr Kaiser.

Il appelle la population à être tolérante envers les personnes itinérantes qui s'abritent parfois dans des lieux publics pour se réchauffer.

Les personnes sans abris sont particulièrement à risque d'hypothermie, ce qui met leur vie en danger. «L'hypothermie, c'est vraiment une urgence médicale, rappelle le Dr Kaiser. C'est important si on voit quelqu'un qui a des signes d'hypothermie, c'est-à-dire quelqu'un qui est confus, qui peut avoir de la difficulté à parler ou une faiblesse, quelqu'un qui a perdu connaissance à l'extérieur, c'est une urgence médicale, on appelle le 911.»

D'autre part, le Dr Kaiser appelle à la solidarité, comme durant l'été où on demande à la population de rester en contact avec des proches à risque de subir les conséquences de la chaleur. La même chose est valable pour l'hiver, et on devrait s'assurer que les personnes vulnérables de notre entourage ont du soutien.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge