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Activité physique des enfants: l'exemple des parents est crucial

durée 10h51
10 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les enfants qui, dès l'âge de 2,5 ans, participent quotidiennement à des jeux, des activités ou des sports avec un parent, ou qui passent à cet âge moins d'une heure par jour devant un écran, sont significativement plus actifs à l'adolescence.

C'est ce que démontre une nouvelle étude québécoise qui serait la première enquête longitudinale à témoigner de l'impact à long terme des habitudes de vie acquises à la petite enfance — et surtout, de l'importance de l'exemple donné par les parents.

«Ça met l'emphase sur le fait que la petite enfance est une période tellement importante, qui vient créer des habitudes de vie qui vont vraiment perdurer dans le temps, a souligné l'auteure principale de l'étude, Kianoush Harandian, de l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal.

«On démontre qu'il y a vraiment un effet à long terme, dix ans plus tard, sur le comportement des enfants.»

L'étude s'appuie sur les données de 1668 enfants — 849 garçons et 819 filles — issus de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, une cohorte populationnelle représentative née en 1997-1998, coordonnée par l'Institut de la statistique du Québec, a-t-on expliqué par voie de communiqué.

Les parents ont fourni des informations sur la fréquence des loisirs actifs partagés avec leur enfant à l’âge de 2,5 ans; le temps quotidien passé devant les écrans (télévision, cassettes vidéos, ordinateur et jeux vidéos); et la durée moyenne de sommeil, y compris les siestes.

Ces mêmes enfants ont ensuite été interrogés à l'âge de 12 ans sur leurs habitudes de jeux extérieurs et leur niveau d'activité physique durant leurs loisirs.

Les chercheurs ont aussi tenu compte de facteurs comme le tempérament de l'enfant, l'indice de masse corporelle, les capacités neurocognitives, les symptômes dépressifs maternels, le niveau de scolarité ou encore les revenus familiaux qui pourraient influencer les résultats.

Résultats: chaque bonne habitude de mouvement supplémentaire — à savoir, le jeu actif, un temps d'écran limité et un sommeil suffisant — à 2,5 ans correspondait à environ cinq minutes de jeux extérieurs de plus par jour à 12 ans aussi bien chez les garçons que chez les filles, a-t-on révélé.

«La participation précoce de la famille à des loisirs actifs avec les tout-petits et la limitation du temps passé devant les écrans laissaient présager des habitudes de vie plus actives au début de l'adolescence, au-delà des facteurs individuels ou familiaux préexistants», rapportent ainsi les auteurs.

La sensibilisation des parents et le respect des recommandations en matière d'activité physique chez les jeunes enfants, ajoutent-ils, «favorisent une croissance et un développement sains, contribuant ainsi au bien-être à long terme».

«Les parents sont vraiment l'agent de socialisation principal à la petite enfance, a rappelé Mme Harandian. Ils ont une importance majeure pour ancrer les habitudes de vie de leurs enfants. Ce sont les personnes avec qui les enfants vont passer le plus de temps et ils ont un rôle important à jouer pour former leur comportement.»

Les données de l'étude démontrent d'ailleurs que moins d'un enfant sur dix respecte naturellement les recommandations quotidiennes en matière de jeu actif, de temps d'écran limité et de sommeil suffisant. L'Organisation mondiale de la Santé estime de son côté que 80 % des adolescents de la planète ne bougent pas suffisamment.

En ce qui concerne le temps d'écran, a dit Mme Harandian, si les parents vont «réguler le temps d'écran à la maison, ils vont aussi montrer le comportement aux enfants». «Donc, un parent qui est tout le temps sur son téléphone montre à son enfant que les écrans, c'est correct», a-t-elle précisé.

Ce n'est pas d'hier qu'on sait que les habitudes de vie acquises à la petite enfance auront des répercussions sur le mode de vie de l'adolescent et du jeune adulte. La plupart des études dont on disposait jusqu'à présent étaient toutefois des enquêtes transversales, qui capturaient la situation à un moment précis dans le temps.

Cette nouvelle étude longitudinale a plutôt suivi les enfants pendant plus de dix ans, de leur petite enfance jusqu'à l'aube de leur adolescence. Cela permet de quantifier avec confiance — et pour la première fois, assure-t-on — que les habitudes de mouvement adoptées dès l'âge de 2,5 ans ont des répercussions mesurables une décennie plus tard.

«C'est important à la petite enfance de mettre déjà en place une bonne structure, et de bonnes habitudes pour les enfants, parce que ça rend les interventions et la prévention plus faciles plus tard dans la vie, a conclu Mme Harandian. Surtout quand on parle d'activité physique, et qu'on sait que l'inactivité est une des causes de mortalité les plus élevées dans le monde.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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