Après Hudson, Vaudreuil-Dorion et Rivière-Beaudette, l’artiste animalier Claude Thivierge continue d’embellir le territoire de Vaudreuil-Soulanges. Cette fois, c’est à L’Île-Perrot, derrière l’usine de filtration, qu’il montre toute l’étendue de son talent.
Néomédia a pu rencontrer l’artiste peintre le mardi 8 septembre en fin d’après-midi alors que la Ville de L’Île-Perrot s’apprêtait à faire le dévoilement officiel d’une murale imposante et colorée.
« C’est une des employées qui a vu mon travail à Rivière-Beaudette et qui m’a contacté pour me proposer de faire une murale à l’arrière de l’usine située sur la pointe de Brucy. C’est un secteur que la Ville veut réaménager pour redonner le bord de l’eau aux citoyens. Dans cette optique, elle voulait mettre de la couleur et rendre le coin plus chaleureux », indiquait-il d’entrée de jeu.
Pour créer sa murale, qui s’étend sur plusieurs pieds, Claude Thivierge s’est inspirée de la faune présente sur le territoire de L’Île-Perrot. « La murale met en vedette quatre animaux, soit un raton-laveur, un aigle, une grenouille et un bébé canard. J’ai eu carte blanche pour le projet dans le sens où la Ville ne m’a rien imposé, mais je voulais quand même que ça parle aux citoyens et qu’ils reconnaissent l’écosystème qui les entoure.»
Peintre-animalier depuis près de trente ans, il est un habitué de la faune et de la flore d’ici. Il avoue toutefois avoir eu pas mal de plaisir à reproduire la grenouille, un batracien qu’il ne met pas souvent en vedette dans ses oeuvres.
Près de deux mois de travail
Entre la première ébauche et la finalisation du projet, sept à huit semaines de travail ont été nécessaires, dont au moins cinq ou six à temps plein. « La météo changeante a souvent fait en sorte que je ne pouvais pas peindre toute la journée directement sur place. Toutefois, comme la murale est constituée en deux parties et qu’une d'elles prend forme sur des panneaux de PVC, je pouvais peindre dans mon atelier situé à mon domicile. Je dirais que 60 % est fait avec ce matériau. Par la suite, les panneaux ont été vissés et collés sur le mur. Le reste est peint directement sur le bâtiment. Ce revêtement multicouches apporte une belle dimension à l’œuvre », ajoutait-il.
Quel a été le plus gros défi? « Il y en a eu deux, soit un sur le plan de la conception et l’autre sur le plan artistique. Le premier a été qu’une trappe d’aération est incluse dans la murale. Une fois de temps en temps, du chlore était relâché par celle-ci et les premiers jours, je revenais à la maison avec les yeux qui piquaient… Après j’ai fait le lien. Le deuxième défi a été les lignes dans la murale car elles traversent les animaux et elles sont à la fois sur les panneaux et sur le mur. Elles représentent l’eau et ça a été quand même difficile à peindre.»
Sinon, au cours de la création de la murale, l’artiste a été confronté à la nature et ses désagréments. « Un oiseau a heurté la murale pendant que j’étais en train de la peindre. Sinon, quelques mouettes se rassemblaient sur le toit juste au-dessus de ma tête et ce qui devait arriver arriva…j’ai reçu une fiente sur la main. Disons que j’ai rapidement lancé mon pinceau dans l’eau», témoignait-il.
Puisque la murale sera exposée aux éléments, M. Thivierge a appliqué un bon vernis sur les différentes sections une fois le tout terminé. Pour concrétiser ce projet, Claude Thivierge a reçu une aide financière du Conseil des arts et de la culture de Vaudreuil-Soulanges (CACVS) et du Conseil des arts du Québec, qui a totalisé 15 000 $. La Ville de L’Île-Perrot a aussi contribué financièrement au projet d’embellissement.