La députée de Soulanges et ministre responsable de la Montérégie, Mme Lucie Charlebois, était de passage du côté de Saint-Pie, le 13 août dernier afin d'annoncer un investissement de 27.6 M$ sur cinq ans afin de prévenir et de gérer les risques liés à l'eau.  Les fonds serviront notamment à la création d'une meilleure cartographie à grande échelle des zones inondables.

Cette somme s'ajoute aux 550 M$ annoncés en juin dernier pour la mise en oeuvre de la Stratégie québécoise de l'eau 2018-2030 et du plan d'action 2018-2023. On se rappelle que dans son budget 2018-2019, le gouvernement de Philippe Couillard avait annoncé des investissements sans précédent dans le secteur de l'environnement avec l'augmentation de 29 % de l'enveloppe budgétaire du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Le projet INFO-crue

Avec le projet INFO-crue, le gouvernement du Québec vise deux objectifs précis :

Le projet INFO-crue aidera les autorités à faire des choix plus éclairés en matière d’aménagement du territoire et à limiter les nouvelles constructions dans des zones sujettes aux inondations.

Il constituera la principale source de données dans le cadre de certaines mesures du Plan d’action en matière de sécurité civile relatif aux inondations. Il s’agit d’un projet structurant qui rassemblera toutes les forces spécialisées en hydraulique et en hydrologie opérationnelle, ce qui permettra au Québec de se hisser parmi les leaders mondiaux en ce domaine. 

Le système permettant de prévoir les zones inondées lors des crues et d’en illustrer l’ampleur en temps réel sera disponible dans la section « Vigilance / Surveillance de la crue des eaux » du site Web du ministère de la Sécurité publique. Quant à la façon d’accéder à la délimitation des zones inondables pour l’aménagement du territoire, elle sera précisée dès que possible. 

INFO-crue accroîtra la résilience de la population face aux inondations, et ce, en tenant compte de l’impact des changements climatiques.

« En Montérégie comme dans presque toutes les régions du Québec, les inondations printanières de 2017 ont laissé des souvenirs douloureux. Avec le projet INFO-crue, le gouvernement vient donc rassurer la population. Au Québec, en matière de gestion des inondations, le passé ne sera pas garant de l’avenir. Une société résiliente comme la nôtre sait se relever et agir pour améliorer les choses. Je suis heureuse des mesures annoncées aujourd’hui : l’eau est source de vie, mais nous devons sans cesse accroître nos connaissances à son sujet pour en tirer le meilleur profit, aujourd’hui et dans l’avenir », a tenu a souligner la ministre Charlebois.

Trois nouvelles mesures

Accompagnant Mme Charlebois, la ministre Melançon a réitéré toute l’importance que son gouvernement accorde à l’eau. Elle a également profité de son passage en Montérégie pour annoncer trois autres mesures découlant de la Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030 et totalisant 39 M$ d’investissements sur cinq ans.

Assurer une eau de qualité pour la population

D’abord, le gouvernement du Québec consacre 30 M$ à la mise en œuvre des volets 1 et 2 du nouveau Programme pour une protection accrue des sources d’eau potable, qui vient appuyer le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP). 

Divisé en deux volets, le programme aidera d'une part les municipalités à réaliser l’analyse de la vulnérabilité de leurs sources d’eau potable. En deuxième temps, il permettra aux municipalités de compenser financièrement les pertes de revenus subies par les producteurs agricoles en raison de certaines restrictions imposées par le RPEP ou par le Code de gestion des pesticides.

De même, le gouvernement du Québec investira 9 M$ d’ici 2022 dans l’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines, un progrès considérable dans des régions qui ne disposaient pas encore d’un portrait complet de leurs ressources. 

Ainsi, 8,2 M$ seront versés à des établissements de recherche universitaire. Le financement accordé à l’Université Laval, à l’Institut national de la recherche scientifique (Centre Eau Terre Environnement), à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université du Québec à Rimouski, à l’Université du Québec à Chicoutimi de même qu’à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue permettra à ces derniers de dresser un portrait concret de la ressource en eaux souterraines dans les différentes régions du Québec dans le but de la protéger et d’en assurer la pérennité.

L’Université du Québec à Trois-Rivières obtiendra, quant à elle, un financement pour effectuer le transfert des connaissances issues des projets vers les gestionnaires de la ressource et du territoire.

Ces établissements de recherche universitaire travailleront en partenariat avec les organismes de bassins versants, les municipalités régionales de comté ou les municipalités des régions visées. Les projets de recherche seront achevés au plus tard en mars 2022. Le portrait dressé par les chercheurs sera notamment utile aux municipalités qui cherchent de nouvelles sources d’approvisionnement en eau potable ou qui doivent, d’ici avril 2021, effectuer l’analyse de la vulnérabilité de leurs sources d’eau potable.

Acquérir et partager les meilleures connaissances sur l’eau

Enfin, dans le souci de favoriser le partage des connaissances sur l’eau ainsi que la collaboration entre les acteurs de l’eau au Québec, le Portail des connaissances sur l’eau a été conçu et développé de concert avec plusieurs intervenants du domaine de l’eau. Cet outil de collaboration, s’adressant à l’ensemble des professionnels du domaine, viendra soutenir la réalisation de leurs mandats liés à la gestion intégrée des ressources en eau en leur donnant un accès intégré, rapide et transparent aux connaissances disponibles sur l’eau.

« L’eau est à la base de la vie et le Québec possède 3 % des réserves d’eau douce mondiales. Je suis heureuse de pouvoir annoncer aujourd’hui des mesures concrètes qui nous aideront à protéger l’eau du Québec et à la gérer de manière durable. Les investissements annoncés aujourd’hui nous font avancer vers la vision d’avenir proposée dans la Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030. Essentiels dans le contexte actuel, ces investissements contribueront du même coup à mieux nous outiller pour faire face aux impacts des changements climatiques », a conclu Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques