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21 juillet 2021 - 16:25 | Mis à jour : 16:45

Un non définitif

GNL Québec : mort et enterré

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

C’est confirmé, le projet GNL Québec ne verra pas le jour dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« C’est un projet qui a plus de désavantages qu’il n’a d’avantages, d’où la décision prise il y a quelques instants au Conseil des ministres », a indiqué le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoît Charette, ce mercredi en conférence de presse à Chicoutimi.

Après un rapport défavorable du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) au printemps, la consultation des communautés autochtones concernées, ainsi qu’une évaluation du ministère de l’Environnement, le Conseil des ministres n’a pas eu le choix de trancher plus tôt aujourd’hui lors d’une séance spéciale.

Le projet dans son entièreté, c’est-à-dire l’usine de liquéfaction et le gazoduc nécessaire à son transport depuis l’Alberta, ne verra donc pas le jour.

Des conditons non remplies

Le gouvernement avait émis des conditions au promoteur d’Énergie Saguenay, soit la capacité du projet de jouer un rôle dans la transition énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la province, mais ce dernier n’a pas pu répondre à ces critères.

Pour ce qui est de l’acceptabilité sociale, le gouvernement n’a pas eu à se pencher sur cette question devant les deux autres conditions non remplies.

Bien que le gaz naturel puisse être utilisé comme une énergie de transition, le promoteur n’a pas pu assurer au ministère que ce dernier soit utilisé à d’autres fins par ses acheteurs. M. Charette a affirmé qu’il soutenait toujours cette forme d’énergie et qu’il accueillerait les projets en ce sens.

Il s'agit néanmoins d'un non définitif pour GNL Québec selon M. Charette. Si le promoteur voulait représenter une solution plus conforme, il devrait repartir de zéro.

Un dur coup pour la région

« C’est certain qu’en tant que ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme députée de Chicoutimi et citoyenne, ce projet était initialement porteur d’espoir pour l’économie de notre région », a mentionné Andrée Laforest qui était aussi présente à la conférence de presse.

Le projet de GNL Québec prévoyait entre autres la création d’environ 300 emplois permanents, et plusieurs centaines pendant la construction. Il était appuyé par les élus locaux et la population du Saguenay de manière générale.

Mme Laforest, qui a milité en sa faveur, a expliqué qu’elle n’a pas eu le choix de se résigner devant les deux rapports environnementaux. Elle a d’ailleurs confirmé que la décision du Conseil des ministres était unanime.

Cette dernière a ajouté qu’il fallait dorénavant se tourner vers l’avenir, ainsi que se montrer « accueillant et ouvert » aux autres projets. « On ne doit pas perdre de vue tout le potentiel de notre région », a-t-elle témoigné.

Benoît Charette ajoute que bien que ce projet soit mort dans l’œuf, son gouvernement allait travailler au développement économique du Saguenay. « On connait tous le sens d’initiatives des gens de la région, on sait qu’il y a d’autres projets porteurs qui sont discutés […] le gouvernement sera là pour les supporter. C’est le message qu’on veut envoyer aujourd’hui », a-t-il assuré.

Mme Laforest en a également profité pour remercier la présence de M. Charette ce mercredi, démontrant son respect pour les saguenéens et son implication dans ce dossier.

Elysis : le nouveau favori

Parallèlement à GNL Québec, le gouvernement du Québec a annoncé ce printemps des investissements majeurs pour le projet Elysis, visant à produire un aluminium vert à Alma.

Les deux ministres ont d’ailleurs martelé ce mercredi en conférence de presse l’importance d’Elysis. « Je ne verrais pas pourquoi les gens sortiraient tout de suite contre un projet qui est porteur, d’être l’aluminium le plus écologique au monde », a-t-elle souligné.

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