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16 avril 2015 - 13:42 | Mis à jour : 13:49

Le maire de Saguenay s'est dit ébranlé par la décision de la Cour Suprême

Aline Honigmann

Par Aline Honigmann, Journaliste

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Au lendemain de l'annonce du jugement de la Cour suprême interdisant la prière avant les séances du conseil municipal, le maire de Saguenay Jean Tremblay s'est exprimé. S'il va respecter la décision annoncée hier, il a cependant déclaré ne pas être en accord non plus après s'être battu si longtemps.

Le maire Jean Tremblay a souhaité débuter la conférence de presse en relatant chronologiquement les faits depuis 2006, notant que le plaignant, Alain Simoneau, a résidé moins d'un an au Saguenay. « Je n'étais pas convaincu qu'il allait prendre des procédures, je ne connaissais pas non plus le Mouvement Laïque Québécois (MLQ) du tout (...) ». Le maire explique également qu'après la victoire unanime de la Ville de Saguenay en Cour d'appel, il pensait l'affaire close. « On a pensé que c'était terminé, considérant que la Cour d'appel c'est le plus haut tribunal au Québec, et ça avait coûté assez cher de frais merci, d'un côté comme de l'autre ». Jean Tremblay s'est ensuite dit surpris que la Cour suprême accepte d'examiner l'affaire, le premier magistrat ne la considérant pas d'intérêt national.

« Ce n'est pas à Ville de Saguenay de prendre les intérêts du Canada au complet »

« Je respecte la décision, on va arrêter la prière c'est sûr. Mais je ne peux pas être en accord non plus après m'être battu aussi longtemps », poursuit le maire. Pour Jean Tremblay, le jugement de la Cour suprême est une vraie surprise, la décision cassant unanimement le jugement de la Cour d’appel. « On a été ébranlé (...). Ce qu'on pense c'est que c'est loin d'être fini. On se doute bien que ça va continuer, mais ce qu'on souhaite c'est que ça soit pas la Ville cette fois-là, car ce n'est pas à Ville de Saguenay de prendre les intérêts du Canada au complet. Parce que ça a des incidences partout partout au Canada ». 

Le maire de Saguenay espère désormais une réaction du gouvernement. « Il faut que les Québécois se tiennent debout dans cette affaire là et dans tout ce qui s'en vient (...). Il faut que le gouvernement du Québec prenne ses responsabilités et soit plus énergique. On leur a parlé depuis le début. La patate était chaude un peu et puis ce ne sont pas tous des braves », déplore-t-il.

Se souvenir des traditions

Jean Tremblay a par la suite tenu a rappeler l'importance des traditions dans l'histoire du Québec. « Ça serait un scandale d'enlever la croix de l'Assemblée Nationale. Quand Jacques Cartier est arrivé ici, il n'a pas planté un drapeau il a planté une croix. Ça a toujours été la croix, ça nous a accompagné dans notre histoire depuis le début. Alors j'espère qu'à l'Assemblée Nationale on va la conserver ».

Au sujet des objets religieux et de la question de les retirer ou non de la salle du conseil municipal, le maire Jean Tremblay ne souhaite pas les retirer.

 « Les objets religieux pour le moment sont là, le conseil municipal verra s'il y a des choses, mais normalement oui ils resteront. Si il y a une demande de faite - de les enlever - j'espère qu'elle va être adressée au gouvernement, et que si elle est adressée à nous le gouvernement va venir vite en support, parce que c'est l'ensemble du Canada qui est menacé à ce moment là ».

Les frais de justice

La défense de la Ville de Saguenay dans l'affaire de la prière a coûté plus de 270.000 $. Le maire aurait souhaité que le gouvernement du Québec les prenne à sa charge. « Il aurait pu payer les frais. Je n'ai pas tous les frais pour le moment. Le premier procès a coûté 36.000$, le deuxième 182.000$, et à date on a payé dans ce procès à la Cour suprême 51.000 $. A date il y a 270.000$ qui ont été payés, mais il y a encore des factures importantes qui s'en viennent. Les dons qu'on a reçu : 183.000$ lors de la première demande et 139.000$ en date d'hier, ce qui fait 322.000$ ».

Le maire a conclu la conférence a annonçant qu'il n'aborderait plus ce sujet désormais. « Si vous avez quelques autres questions profitez-en, parce que moi là, c'est fait. Je l'accepte, difficilement, mais je l'accepte, et on passe à d'autres choses. Je m'occupe des nids-de-poule cet après-midi ».

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