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15 novembre 2021 - 16:00

Joan Simard

Lettre d’opinion : Une élection empreinte d’humilité

Par Salle des nouvelles

La poussière retombe et les élus sont au rendez-vous. Ils amorcent leur ascension vers de nouvelles responsabilités.

Nous savons que cette fin de pandémie commande de la bienveillance auprès de notre population fatiguée voire même irritée, tous sont bien sensibles à cet enjeu. Notre nouvelle mairesse ayant une formation en éducation spécialisée comprend plus que quiconque combien il est important d’accompagner et sécuriser notre population. Je lui souhaite la meilleure des chances.

Pour ma part, déjà les annonces de décentralisation, en reconnaissant la capacité des arrondissements à exercer enfin leurs pouvoirs est un signal fort et doux à mes oreilles, tout comme la révision des districts électoraux. L’arrondissement appuyé par sa population locale pourra enfin se doter d’un plan pour réaliser ses objectifs et répondre aux besoins des populations de proximité en plus de nourrir le sentiment d’appartenance comme le font tous les autres arrondissements des grandes villes du Québec. Il faut reprendre notre retard et s’inspirer des meilleures pratiques et pour s’améliorer, il faut se comparer.

Je tiens à féliciter tous les élus et leur souhaiter un excellent mandat. Comme vous, j’ai arpenté bien des portes et vécu cette étrange élection. D’ailleurs à cet égard, il me semble nécessaire d’apporter un éclairage sur la participation anémique de la population.

En premier, il ne faut pas comparer la participation aux élections fédérale et municipale.

Pourquoi? Eh bien! d’abord les règles de l’élection n’ont pas été les mêmes.

Je vous donne l’exemple du secteur du centre-ville de Chicoutimi considéré comme le plus vulnérable de la ville en raison de l’âge et des conditions socio-économiques des électeurs. Une résidence (RPA) qui normalement avait un bureau de vote lors des élections fédérales n’en n’avait pas aux municipales. Ainsi à peine 22% (68) des gens se sont déplacés le jour du scrutin. La proposition du vote par correspondance n’a pas été un succès. Au fédéral, non seulement il y avait un bureau de vote, mais des équipes pouvaient se déplacer auprès des 300 résidents pour répondre à ceux qui souhaitaient voter sans devoir se déplacer.

Ainsi le jour du vote au centre-ville de Chicoutimi, 685 personnes sur une possibilité de 3178 inscrites ont voté, voire 22%. Avec le vote par anticipation, on atteint moins de 25%. Pourtant le centre-ville de Chicoutimi a été l’enjeu de l’arrondissement.

Autre constat, avec la téléphonie cellulaire sur les quelques 2440 adresses, seul 585 disposent d’une ligne traditionnelle accessible et publique, ce qui est relativement nouveau. Comme on dit dans le jargon politique, plus difficile de faire sortir le vote même avec plusieurs candidatures.

Centre-ville de Chicoutimi : quand se côtoie le meilleur et le pire.

Plus jeune, j’ai arpenté le centre-ville de Chicoutimi travaillant pour Recensement Canada. Chaque porte, chaque escalier et chaque personne était visité et comptabilisé. Aujourd’hui la différence est frappante. Selon les informations disponibles lors de l’élection, le centre-ville de Chicoutimi, c’est 3178 électeurs; 1140 d’entre eux ont plus de 65 ans, soit 36%. C’est 600 résidents en résidence pour personnes âgées et 300 en logements sociaux. La dernière école primaire fermera à la fin de l’année scolaire, ce qui aura certainement un effet sur les dernières familles du secteur.

Des centaines d’appartements sont déjà occupés par des étudiants et étudiantes provenant autant de la région que de l’international, ce qui pourrait expliquer la perte de près de 500 électeur-e-s dans le district 8. J’ai découvert des «Airbnb» dans de magnifiques maisons tout comme des gîtes en plus de locations de maisons entières par des étudiants. On y retrouve des appartements et bâtiments vides et désaffectés à coté de magnifique coopératives d’habitation. J’ai rencontré des travailleurs étrangers et des familles qui venaient d’arriver sans pouvoir s’exprimer en français. J’y ai vu aussi la solitude et la pauvreté tout près de la richesse et l’abondance.

Voilà un centre-ville qui ne ressemble en rien à celui de Chicoutimi-Nord ou ceux des autres arrondissements. Ainsi, à l’inverse du centre-ville de Jonquière où l’on retrouve 70% de résidents, celui de Chicoutimi est un trou de beigne comme me l’a fait remarquer une résidente de la rue Montcalm. Avec le grand nombre d’étudiants, il se vide littéralement au printemps pour revivre à l’automne. Tenir compte du profil socio-démographique actuel et spécifique sera donc un enjeu. Que fera-t-on de l’immense bâtisse des Soeurs du Bon Conseil qui autrefois était une école. Installée près du CEGEP de Chicoutimi et de l’Université de Chicoutimi y-a-t-il la un potentiel de résidences étudiantes ou autre? Si je suis préoccupée par ces enjeux, je suis persuadée que nos conseillers et notre arrondissement sauront porter ce dossier. Il auront toutefois besoin de la participation citoyenne pour les appuyer et nourrir leur réflexion.

Femme et politique

Nous n’avons pas suivi la tendance des autres villes du Québec, ainsi mon plus grand regret est le recul de la représentation des femmes qui seront malheureusement absentes dans plusieurs comités de la ville et absentes de deux arrondissements. J’invite le futur conseil à se pencher sur cette triste réalité et trouver une façon pour favoriser leur participation. Avec les multiples comités, pourquoi ne pas identifier des postes citoyens pouvant être comblés en priorité par des femmes? Certes, ce ne sont pas toutes les femmes qui ont des intérêts progressistes mais être exclus des différentes commissions où se réfléchissent et s’analysent les dossiers m’apparaît un recul important. Bien que très compétente, on ne peut demander à notre seule conseillère de participer au 42 conseils, commissions ou comités. Dans cette période ou l’inclusion et la représentation sont essentielles, que 52% de la population n’ait pas la possibilité d’apporter sa contribution me semble un réel problème et très préoccupant.

Il y a des solutions. Soyons imaginatifs!

Joan Simard
MAP Ex-Conseillère

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