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9 décembre 2019 - 08:55

Gazoduc : lettre à Éric Martel, président d’Hydro-Québec

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Monsieur Martel, dans votre nouveau Plan stratégique 2020-2024, vous signalez que « Du côté de l’hydrogène, Hydro-Québec croit pouvoir jouer un rôle en développant l’hydrogène propre produit par électrolyse plutôt qu’à partir du méthane présent dans le gaz naturel ».

En voulant fournir 550 Mégawatts de puissance de notre hydroélectricité durant au moins 25 ans fermes pour la liquéfaction de méthane extrait en grande partie par facturation venant de l’Ouest canadien, Hydro-Québec se trouverait à être complice d’un projet d’une autre époque qui recule le Québec dans ses objectifs de diminution de gaz à effet de serre (GES), tout en permettant d’exporter 11 millions de tonnes d’énergie fossile annuellement sur les marchés internationaux.

Ce serait complètement contraire aux objectifs de ce nouveau plan stratégique, que notre société d’État détourne cette énergie afin de permettre que l’on s’enfonce encore plus dans l’utilisation d’énergies fossiles au Québec.

En hypothéquant plus de 5 TWh d’énergie, l’équivalent du 2/3 de la production des nouvelles installations sur la rivière Romaine (8 TWh), Hydro-Québec poserait un geste contraire à toute politique énergétique responsable protégeant l’utilisation de notre patrimoine hydroélectrique pour la lutte aux changements climatiques.

Au lieu de gaspiller cette énergie plus propre, Hydro-Québec pourrait l’utilisée plus judicieusement en la mettant au service de réelles actions pour lutter contre les changements climatiques, entre autres, à la conversion des modes de transports.

Aussi, comme vous le dites si bien « Notre énergie est un formidable atout pour réduire les émissions de gaz à effet de serre non seulement au Québec, mais aussi au-delà de nos frontières. L'électrification constitue également un puissant vecteur d'enrichissement pour la collectivité québécoise. »

Monsieur Martel, l’utilisation éventuelle de l’électricité pour l’usine de liquéfaction permettrait au promoteur d’économiser 10 % du gaz acheminé dans le gazoduc et par le fait même augmenter ses ventes à l’exportation, lui procurant d’importants revenus supplémentaires par année.

Si le promoteur n’était pas alimenté à l’hydroélectricité ça ajouterait 3,5 MT/annuellement au bilan d’émissions de GES au Saguenay, mais ne soyons pas dupe, monsieur le président, en plus de nous priver de cette hydroélectricité ce serait uniquement déplacé pour consommation ailleurs dans le monde et générerait tout de même des GES de 3,5 MT/annuellement.

Monsieur Martel, il est urgent que la cohérence soit aussi présente dans les actions tout autant que dans le Plan stratégique et que notre société d’État se retire comme fournisseur de ce projet insensé.

Merci de l’attention portée à cette requête.

Jean Paradis

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