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7 juin 2021 - 16:29

Les berges du lac Saint-Jean étaient fréquentées il y a plusieurs milliers d’années

Les fouilles archéologiques reprennent à Mashteuiatsh, après une importante découverte

Jean-Francois Desbiens

Par Jean-Francois Desbiens, Journaliste

Les fouilles archéologiques reprennent à Mashteuiatsh, après l’importante découverte de fragments d’un très ancien foyer de combustion découverts à l’été 2020 lors des fouilles sous les vestiges de l’ancienne épicerie Axep de Mashteuiatsh.

Les fragments analysés et datés par le carbone 14 grâce au Laboratoire d’histoire et d’archéologie du subarctique oriental de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) révèlent une occupation du site datant de plus de 3 500 ans par les ancêtres des Pekuakamiulnuatsh.

La découverte d’une deuxième aire de combustion à l’été 2020 à plus de 1,5 mètre de profondeur ainsi que les vestiges associés confirment ce que des indices recueillis ici et là autour du lac Saint-Jean laissaient présumer, à savoir que les berges du lac Saint-Jean étaient fréquentées il y a plusieurs milliers d’années, au moment même où partout au Québec, les ancêtres de plusieurs Premières Nations s’ancraient dans le territoire.

Dynamisme

Les vestiges découverts au cours des fouilles de l’été dernier témoignent non seulement de l’ancienneté de cette occupation, mais également de son dynamisme. En effet, la grande diversité des matériaux avec lesquels ont été confectionnés les outils de pierre témoigne du mode de vie nomade des premiers peuples et de l’étendue des échanges et des communications entre les groupes qui habitaient la région et sa périphérie pendant cette période.

Selon Noémie Plourde, archéologue : « La découverte du site DfFb-18 offre une possibilité inattendue pour les chercheurs et une chance unique de renouer avec notre passé. En effet, non seulement ce lieu présente un contexte à peu près intègre (c’est-à-dire non perturbé), mais de plus, on y trouve des indices qui témoignent d’une occupation continue des premiers peuples sur les bords du lac Saint-Jean (Pekuakami), depuis plus de 5 000 ans, jusqu’à aujourd’hui ».

Trésor pratiquement unique

Ces caractéristiques en font un trésor pratiquement unique parmi les 400 sites archéologiques du lac Saint-Jean.

« Cette découverte vient encore une fois appuyer nos récits de tradition orale entourant la présence millénaire des Pekuakamiulnuatsh sur Nitassinan. Katakuhimatsheta (Conseil des élus) est fier du travail accompli par l’équipe mandatée à la poursuite des fouilles archéologiques. L’important travail de concertation entre la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, l’UQAC et Pekuakamiulnuatsh Takuhikan est essentiel dans l’affirmation de nos droits et de notre titre aborigène ainsi que dans notre gouvernance en matière de patrimoine collectif de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh », a souligné Stacy Bossum, conseiller désigné Patrimoine, culture et langue de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan.

D’ailleurs la Première Nation dispose depuis 2005 d’une Politique d’affirmation culturelle visant, entre autres, la conservation et la protection du patrimoine des Pekuakamiulnuatsh.

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