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23 octobre 2020 - 16:00

La ville qualifie ses recommandations d'audacieuses

Stratégie québécoise de développement de l’aluminium : Saguenay dépose un mémoire

Jean-Francois Desbiens

Par Jean-Francois Desbiens, Journaliste

La Ville de Saguenay vient de déposer un mémoire dans le cadre des consultations en vue d’élaborer la future stratégie québécoise de développement de l’aluminium.

Le mémoire s’intitule : Ville de Saguenay et l’industrie de l’aluminium : Toute l’énergie pour transformer notre avenir.

Le mémoire cible plusieurs axes pour faire prospérer la filière de l’aluminium dans la région, dont le respect des engagements de Rio Tinto envers les investissements régionaux, l’implication directe des producteurs primaires en transformation de l’aluminium, le soutien aux transformateurs et équipementiers, le partenariat avec Elysis et le développement de la technologie 4.0, et un retour important d’une partie de la contribution régionale du Fonds des générations pour corriger le déséquilibre fiscal.

Après avoir dressé le portrait de la situation du métal gris pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour le Québec, par rapport à la production mondiale, le document, présenté par la mairesse Josée Néron, souligne l’impact économique majeur de la production de l’aluminium à Saguenay.

Elysis et aluminerie 4.0

Le mémoire propose plusieurs recommandations au gouvernement du Québec et rappelle qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Rio Tinto bénéficie de conditions d’autoproduction hydroélectriques très avantageuses par rapport à ses concurrents mondiaux.

« Même si les usines du Saguenay–Lac-Saint-Jean produisent l’aluminium le plus vert au monde et même si la Ville de Saguenay demeure la capitale de l’aluminium des deux Amériques, cela n’enlève rien à l’importance des enjeux », lance la mairesse de la Ville de Saguenay.

L’arrivée de la technologie Elysis (anodes inertes à longue durée de vie) et la mise en place de nouvelles techniques d’optimisation des procédés de fabrication d’aluminium, soit « l’aluminerie 4.0 », assureront une baisse significative des coûts de production et paveront la voie à une production d’aluminium sans émission de gaz à effet de serre (GES).

Par contre, l’introduction de ces nouvelles approches de production pourrait entraîner l’abolition de 50 % des emplois actuels dans l’aluminium primaire, et ce autant au Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’ailleurs au Québec.

Pertes d'emplois à combler

En ce sens, afin de compenser les importantes pertes d’emplois à prévoir, Ville de Saguenay recommande fortement que tout nouvel appui financier ou énergétique du gouvernement du Québec envers les grands producteurs, visant la mise en place du concept « aluminerie 4.0 » et de la technologie Elysis, soit étroitement associé à un réengagement direct (et suivi) de nos producteurs primaires québécois, en termes de transformation de l’aluminium au Québec.

« Nous demandons au gouvernement du Québec qu’il s’assure que Rio Tinto complète l’optimisation en cours de l’usine Vaudreuil, aille de l’avant avec les autres phases de l’AP-60 à Jonquière, de même que la réalisation de la phase II de l’Aluminerie d’Alma, deux projets qui devaient être réalisés au plus tard le 31 décembre 2015. Nous voulons aussi nous assurer que la future usine de production à grande échelle des futures anodes Elysis soit installée à Saguenay, tout en s’assurant que nos équipementiers soient pleinement associés à la mise en œuvre de cette technologie révolutionnaire, actuellement en phase de développement ici à Saguenay », exprime dans un premier temps la mairesse de la Ville de Saguenay, Josée Néron.

Cette dernière croit qu’il serait important d’appuyer la diffusion auprès des transformateurs québécois d’aluminium des technologies 4.0 afin de s’assurer qu’ils demeurent dans le peloton de tête de l’industrie mondiale.

Fonds des générations

Dans son mémoire, Ville de Saguenay révèle aussi que les régions-ressources contribuent annuellement au financement du Fonds des générations à hauteur de 789 $ par habitant, alors que le reste du Québec en fournit seulement 88 $.

Puisque le gouvernement envisage d’importants ajustements au Fonds des générations, la ville souhaite la mise en place, dès le prochain budget du Québec, d’un mécanisme assurant un retour équitable d’une partie de la contribution régionale au Fonds, afin de mettre fin à ce qu’elle considère comme un déséquilibre fiscal injustifié qui afflige toutes les régions ressources de la province.

« La région devrait contribuer à 50 M$ par année au fonds. Nous versons plutôt 218 M$ annuellement, soit quatre fois plus que notre part de la population du Québec. Afin de corriger ce déséquilibre dans le financement, nous revendiquons que la part du surfinancement régional, qui s’établit à 167,6 M$ par année, reviennent à la région», poursuit le conseiller municipal Jean-Marc Crevier, qui également participé aux consultations avec le ministère de l’Économie.

Observatoire indépendant

D’autre part, les élus appellent instamment à la création d’un observatoire québécois indépendant de l’aluminium.

Le mémoire propose une série d’autres initiatives, dont l’accélération de la croissance et de la diversification internationale des équipementiers québécois, de maintenir et de développer le centre de recherche Arvida de Rio Tinto et d’accroître le financement de la Société de la Vallée de l’Aluminium (SVA), afin de soutenir des projets de transformation de l’aluminium au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Notre objectif commun est que la filière de l’aluminium québécoise soit prospère et profitable à tous les acteurs qui y contribuent. Nous pouvons y arriver. Notre population est ouverte aux projets audacieux, nos travailleurs et nos syndicats sont en mode ouverture et les meilleurs acteurs de l’industrie mondiale se retrouvent chez nous. Avec l’appui d’une stratégie québécoise de développement de l’aluminium, vigoureuse et bien adaptée, nous allons transformer notre avenir », a conclu la mairesse, Josée Néron.

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