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Une étude confirme qu'introduire des allergènes tôt réduit le risque d'allergies

durée 18h12
9 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Une nouvelle étude canadienne indique que de donner aux bébés des arachides, des œufs, du poisson et d'autres allergènes alimentaires courants tôt et régulièrement réduit le risque qu'ils y soient allergiques.

L'auteur principal, le Dr Derek Chu, explique que les chercheurs ont analysé plus de 190 études sur les allergies alimentaires menées à travers le monde afin d'identifier les facteurs de risque les plus importants dans leur développement.

Leurs conclusions, publiées lundi dans JAMA Pediatrics, ont révélé que retarder l'introduction d'aliments contenant des arachides jusqu'à ce que les bébés aient plus de 12 mois doublait leur probabilité de devenir allergiques à cette noix.

L'étude a montré des résultats similaires pour le poisson et les œufs.

Les bébés qui souffrent d'autres allergies, d'asthme, de respiration sifflante ou d'eczéma au cours de leur première année de vie, ou dont un parent ou un frère ou une sœur est allergique, courent également un risque plus élevé de développer une allergie alimentaire.

Selon le Dr Chu, il est particulièrement important d'introduire tôt les allergènes potentiels chez ces enfants à haut risque afin de prévenir les allergies alimentaires.

«Plus nous attendons, plus le risque d'allergie alimentaire est élevé», explique le Dr Chu, allergologue-immunologiste et professeur adjoint à l'Université McMaster de Hamilton, en Ontario.

«L'introduction précoce se fait lorsque le bébé est prêt. Il a acquis la coordination nécessaire pour s'asseoir et mâcher avec sa bouche, et il est curieux de découvrir les aliments. Pour beaucoup, cela se produit vers l'âge de quatre mois, peut-être cinq mois, peut-être six mois.»

Allergies Alimentaires Canada met en garde contre le risque d'étouffement lié aux arachides, mais recommande de les introduire en mélangeant du beurre d'arachide avec de l'eau chaude, puis en refroidissant le mélange avant de l'ajouter à des aliments mous que le bébé mange déjà, comme des céréales pour nourrissons ou des purées de fruits et de légumes.

La directrice générale de l'organisme à but non lucratif qui vient en aide aux personnes souffrant d'allergies alimentaires, a corédigé l'étude et approuvé ses résultats.

«Cette publication confirme que le développement des allergies alimentaires chez les enfants est influencé par de multiples facteurs», a expliqué Jennifer Gerdts dans un communiqué envoyé par courrier électronique.

«L'introduction précoce et la consommation régulière d'aliments allergènes — au cœur de notre recommandation "mangez tôt, mangez souvent" — ont donné des résultats prometteurs dans la réduction du risque d'allergies, mais il reste encore beaucoup à apprendre sur les autres moyens de les prévenir.»

Selon le Dr Chu, il est important non seulement d'introduire tôt les aliments allergènes, mais aussi de veiller à ce que les bébés continuent à en consommer régulièrement.

Ces recommandations correspondent à celles de la Société canadienne de pédiatrie, qui suggère que les bébés mangent les nouveaux aliments introduits plusieurs fois par semaine «pour maintenir la tolérance».

«Le risque d’une grave réaction lors de la première exposition est très faible chez le nourrisson. Il n’est pas recommandé de procéder au dépistage préventif en cabinet avant d’introduire des aliments allergènes», a publié la société de pédiatrie sur son site internet en décembre 2021.

Gare aux antibiotiques

L'étude a également mis en évidence d'autres corrélations potentielles avec le développement d'une allergie alimentaire, notamment le fait d'être l'aîné et d'être un garçon, mais ces facteurs ont été considérés comme mineurs, a précisé le Dr Chu.

La recherche suggère également que la prise d'antibiotiques au cours du premier mois de vie pourrait être un facteur de risque, mais cela nécessite des études supplémentaires, a-t-il précisé.

Une explication possible de cette corrélation est que les antibiotiques pourraient perturber le microbiome de l'organisme, ce qui pourrait à son tour jouer un rôle dans le développement d'allergies alimentaires, mais il ne s'agit pour l'instant que d'une théorie, a expliqué le chercheur.

«Il est important de limiter l'utilisation excessive d'antibiotiques, mais il est également indispensable de les conserver pour les situations critiques où ils peuvent sauver des vies.»

Cette découverte pourrait être utile dans le fait de renforcer l'importance d'introduire des aliments allergènes dans l'alimentation des bébés qui ont dû prendre des antibiotiques pour traiter une maladie au début de leur vie, a déclaré M. Chu.

Outre les arachides, les œufs et le poisson, M. Chu a déclaré qu'il était important que les parents donnent tôt à leurs bébés d'autres aliments potentiellement allergènes courants dans leur foyer, notamment les noix, les produits laitiers, le blé, le soja, le sésame et les fruits de mer.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Nicole Ireland, La Presse Canadienne