Les suppléments d'entraînement peuvent être nocifs pour certains adolescents


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Par La Presse Canadienne, 2025
TORONTO — Des chercheurs affirment que les pédiatres, les médecins de famille et les parents devraient en savoir plus sur les substances visant à améliorer la performance que les enfants consomment lorsqu'ils s'entraînent ou pratiquent un sport.
Dix-sept pour cent des plus de 800 pédiatres canadiens interrogés ont déclaré avoir vu des adolescents ayant eu besoin de soins médicaux en raison de suppléments alimentaires ou de médicaments améliorant la performance au cours de l'année précédente.
La majorité des cas étaient des garçons, et plus de la moitié d'entre eux avaient entre 13 et 15 ans.
Près d'un tiers des patients étaient encore plus jeunes, entre 10 et 12 ans.
Le cochercheur principal Kyle Ganson affirme que la consommation de suppléments légaux améliorant la performance, comme les protéines de lactosérum, la créatine et les préparations préentraînement, ainsi que de médicaments illégaux comme les stéroïdes anabolisants, est en hausse chez les adolescents depuis plusieurs années.
M. Ganson, professeur adjoint de travail social à l'Université de Toronto, affirme que les pédiatres ont constaté des effets rénaux et gastro-intestinaux de ces substances.
L'enquête a recueilli les réponses de 857 pédiatres spécialistes, qui ont dit avoir vu un total de 55 patients affectés par la prise de suppléments ou de médicaments améliorant la performance.
La majorité de ces 55 patients se sont complètement rétablis, mais 20 d'entre eux présentaient des problèmes de santé persistants ou leur issue était inconnue.
Plus de la moitié des pédiatres spécialistes interrogés ont déclaré ne jamais dépister les substances améliorant la performance dans leur pratique courante.
Plus d'un quart ont dit ne pas connaître ces substances.
M. Ganson croit qu'il est important que les professionnels de la santé primaires et les parents se renseignent sur les différentes substances utilisées par les adolescents pour obtenir une apparence musclée ou améliorer leurs performances sportives.
Il précise que des suppléments comme les protéines de lactosérum et la créatine sont facilement disponibles à l'épicerie, en pharmacie et en ligne.
Même niveau de connaissance que les jeunes
Il souligne également que les influenceurs et les amis sur les médias sociaux jouent un rôle important pour encourager les jeunes à consommer ces substances, mais que beaucoup effectuent également de nombreuses recherches en ligne.
«Les pédiatres (et) les professionnels de la santé en général doivent simplement avoir le même niveau de connaissances et être capables de parler de ces différents suppléments et de bien les connaître leurs objectifs, leur marketing (…) afin d'être au même niveau que ces jeunes», a-t-il indiqué.
M. Ganson a ajouté que, même s'il n'est peut-être pas possible d'empêcher tous les adolescents de consommer des suppléments alimentaires, les professionnels de la santé et les parents doivent s'assurer qu'ils les utilisent de la manière la plus sécuritaire possible – notamment en évitant les excès – et qu'ils s'approvisionnent auprès de sources fiables.
Mais si un adolescent envisage de prendre des stéroïdes ou d'autres médicaments, «il est bien sûr important d'intervenir plus rapidement auprès des professionnels de la santé compétents afin de prévenir tout effet potentiellement grave», a-t-il prévenu.
L'enquête a été menée dans le cadre du Programme canadien de surveillance pédiatrique de la Société canadienne de pédiatrie.
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Nicole Ireland, La Presse Canadienne