Les feux de forêt de 2023 ont aggravé la pollution de l'air au Canada


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Par La Presse Canadienne, 2025
Un nouveau rapport mondial indique que les incendies de forêt records de 2023 ont porté la pollution atmosphérique au Canada à des niveaux jamais vus depuis au moins la fin des années 1990 et exposé la moitié du pays à des concentrations de pollution supérieures à la norme nationale.
Les niveaux moyens de pollution du Canada se situaient dans la moyenne des pays et territoires inclus dans le rapport, mais certaines des régions durement touchées par les incendies rivalisaient avec certains des endroits les plus pollués au monde.
Les chercheurs estiment que si les niveaux de pollution de 2023 dans certaines régions des Territoires du Nord-Ouest et du nord-est de la Colombie-Britannique étaient maintenus tout au long de la vie, par rapport au respect des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, cela pourrait réduire l'espérance de vie d'environ quatre ans.
Le rapport produit par l'Energy Policy Institute de l'Université de Chicago indique que la pollution atmosphérique moyenne nationale au Canada en 2023 était la pire depuis le début des relevés de l'organisme en 1998.
La mise à jour annuelle de l'Indice de qualité de l'air et de la qualité de vie combine des données provenant de satellites et de stations de surveillance au sol pour estimer les niveaux moyens de pollution, appelés PM2,5, des particules fines si petites qu'elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et présenter de graves risques pour la santé humaine.
Le rapport indique que la pollution atmosphérique et le changement climatique, qui entraîne des incendies de forêt plus graves, sont «profondément liés» et proviennent de la même source : la combustion des combustibles fossiles.
«Si nous voulons résoudre ce problème, nous devons nous attaquer à la racine du problème, à savoir la combustion des combustibles fossiles», a affirmé Christa Hasenkopf, directrice du Programme Air Pur à l'Energy Policy Institute de l'Université de Chicago. Le rapport estime que les concentrations moyennes de PM2,5 au Canada en 2023 étaient d'environ 9,2 microgrammes par mètre cube, soit légèrement supérieures à la norme nationale de 8,8, mais presque deux fois supérieures à la recommandation de l'OMS de 5.
Selon les chercheurs, si ces niveaux étaient maintenus tout au long de la vie, par rapport aux recommandations de l'OMS, cela réduirait l'espérance de vie d'environ six mois.
Le rapport indique qu'environ 50 % des Canadiens ont été exposés à des niveaux supérieurs à la norme nationale en 2023, ce qui représente une augmentation marquée par rapport à moins de 5 % au cours des cinq années précédentes.
À l'échelle mondiale, le rapport indique que la pollution atmosphérique est la plus grande menace externe à l'espérance de vie. Au Canada, les niveaux de 2023 feraient de la pollution atmosphérique la cinquième menace externe la plus importante, devant l'automutilation et la violence interpersonnelle, et juste derrière la consommation d'alcool et les blessures accidentelles.
Si 2023 a été une année sans précédent en matière d'incendies de forêt au Canada, cette année se classe désormais au deuxième rang des pires jamais enregistrées.
La méthodologie des chercheurs en matière d'espérance de vie s'appuie sur deux études évaluées par des pairs qui ont analysé une «expérience naturelle unique», fondée sur la politique chinoise relative à la rivière Huai, indique le rapport.
Cette politique des années 1950 fournissait aux habitants du nord de la rivière du charbon gratuit ou fortement subventionné pour le chauffage intérieur en hiver, mais pas à ceux du sud, précisent les études.
Ces études ont constaté une baisse significative de l'espérance de vie au nord de la rivière, où les niveaux de pollution étaient plus élevés, principalement en raison d'une augmentation significative des décès dus aux maladies cardiaques et pulmonaires. Aucun changement clair n'a été observé dans les décès dus à d'autres causes au nord de la rivière, précisent les études.
En comparant deux sous-groupes de la même population exposés de manière prolongée à différents niveaux de pollution atmosphérique, les études ont pu «isoler de manière plausible» l'effet de la pollution atmosphérique des autres facteurs affectant la santé, indique le rapport.
Jordan Omstead, La Presse Canadienne