Doug Ford veut la fin du télétravail pour les employés fédéraux et provinciaux


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Par La Presse Canadienne, 2025
OTTAWA — Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, affirme que le gouvernement fédéral et les municipalités de l'Ontario devraient obliger leurs employés à retourner au bureau à temps plein.
S'adressant aux journalistes à Inglewood, en Ontario, mercredi, M. Ford a salué la récente décision de la Ville d'Ottawa d'exiger de ses employés qu'ils travaillent cinq jours par semaine au bureau à compter de la nouvelle année.
M. Ford a déclaré que le gouvernement fédéral devait emboîter le pas et a exhorté «toutes les autres régions de l'Ontario» à faire de même.
«Il est temps de ramener les gens au travail, qu'ils puissent être encadrés, qu'ils puissent collaborer. Il est beaucoup plus facile de regarder quelqu'un dans les yeux que de rester assis devant un téléphone ou un écran d'ordinateur», a soutenu M. Ford.
Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre ontarien a annoncé que des milliers de fonctionnaires de la province retourneront au bureau à temps plein d'ici janvier.
Les commentaires de M. Ford surviennent alors qu'un mouvement visant à mettre fin aux politiques de télétravail s'intensifie; de grandes banques et entreprises, comme RBC, la Banque de Montréal (BMO) et Rogers, obligeant plus de présence au bureau de la part de leurs employés.
Le maire de Brampton, Patrick Brown, a également indiqué ce mois-ci qu'il suivait l'exemple de la province en exigeant que les employés municipaux retournent au bureau à temps plein l'année prochaine.
Des porte-parole des gouvernements du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest ont affirmé que leurs politiques de télétravail étaient en cours de révision.
La présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske, a déclaré qu'il semble y avoir un «très grand changement» en ce qui concerne le retour au bureau.
«Je pense que les gens peuvent être tout aussi efficaces en télétravail, mais il y a aussi quelque chose d'important dans la collégialité et dans les discussions autour de la machine à café», a soutenu Mme Bruske.
Les fonctionnaires fédéraux sont actuellement tenus de passer au moins trois jours par semaine au bureau; quatre jours pour les cadres.
Interrogée sur la possibilité que le gouvernement fédéral subisse des pressions pour modifier sa politique, Mme Bruske a déclaré qu'elle s'attend à ce que la question du télétravail soit plus présente que tout autre sujet à la table des négociations alors que le gouvernement négocie de nouvelles conventions collectives avec les syndicats fédéraux.
Les questions de salaires, de sécurité d'emploi et de télétravail ont été au cœur des préoccupations lors de la grève de la fonction publique de 2023, qui a vu des dizaines de milliers d'employés fédéraux passer près de deux semaines sur les piquets de grève partout au pays.
En juin, l'Alliance de la Fonction publique du Canada et le gouvernement fédéral ont relancé les négociations contractuelles pour plus de 120 000 fonctionnaires.
Le groupe, qui a lancé une campagne nationale de promotion du télétravail aux côtés d'autres syndicats fédéraux, a soutenu que la décision du gouvernement d'obliger les fonctionnaires fédéraux à rester au bureau au moins trois jours par semaine «ignore leur bien-être de manière flagrante et viole leurs droits à la négociation collective».
L'AFPC a également affirmé que cette décision avait été prise sans aucune consultation des syndicats ni des travailleurs et que le télétravail «améliore la conciliation travail-famille et accroît la productivité des travailleurs ».
Catherine Morrison, La Presse Canadienne