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Des militants s'inquiètent de la privatisation des soins de santé en Alberta

durée 19h34
9 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Un groupe de défenseurs des soins de santé se trouve cette semaine sur la colline du Parlement pour faire pression sur les législateurs et demander à Ottawa de prendre position sur les dernières mesures prises par l'Alberta pour développer les soins de santé privés.

Le gouvernement du Parti conservateur uni de la première ministre Danielle Smith a adopté une loi qui permet aux chirurgiens de travailler à la fois dans le système de santé public et privé.

Cela signifie que les gens peuvent payer pour des interventions, telles que le remplacement de la hanche ou du genou ou la chirurgie de la cataracte dans une clinique privée, tandis que le système public continue à fournir les soins d'urgence et les chirurgies liées au cancer.

Le gouvernement provincial estime que son modèle de double pratique allégera la pression sur le système de santé public et qu'il est utilisé dans des pays tels que le Royaume-Uni, la France, l'Australie, l'Allemagne et le Danemark.

Jason MacLean, président de la Coalition canadienne de la santé, a indiqué que la loi de l'Alberta violait la Loi canadienne sur la santé, qui repose sur les principes d'universalité et d'accessibilité.

«Le gouvernement fédéral doit intervenir et défendre dès maintenant le système de santé public universel», a-t-il déclaré lundi lors d'une conférence de presse au Parlement.

M. MacLean a ajouté que le gouvernement fédéral devrait suspendre le financement des provinces afin de faire respecter la loi.

Chris Gallaway, directeur général de Friends of Medicare en Alberta, a avancé que la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, devait prendre position en faveur des soins de santé publics et de la Loi canadienne sur la santé.

«Cela fait des mois que le gouvernement fédéral n'a pas pris position sur ce qui se passe en Alberta», a-t-il précisé.

M. Gallaway a qualifié la loi albertaine de «cadeau à l'industrie de l'assurance privée» et a averti que les entreprises américaines de soins de santé pourraient s'en servir pour mettre un pied au Canada.

Un porte-parole du cabinet de Mme Michel a fait savoir que le gouvernement libéral fédéral adoptait une approche collaborative avec les provinces et les territoires afin de garantir l'accès aux soins de santé «en fonction des besoins médicaux et non de la capacité de payer».

«Les responsables de Santé Canada collaborent avec les responsables de l'Alberta afin de mieux comprendre les différents éléments et les implications de ces changements proposés. La ministre Michel entretient également des conversations régulières avec ses homologues de l'Alberta», a mentionné Guillaume Bertrand dans une réponse écrite aux questions.

Il a aussi souligné que le gouvernement peut déduire des fonds du Transfert canadien en matière de santé versé aux provinces en cas de violation des principes de la Loi canadienne sur la santé.

Natalie Mara, directrice générale de l'Ontario Health Coalition, a expliqué que les patients doivent payer pour les opérations de la cataracte dans les cliniques de l'Ontario.

«Si le gouvernement fédéral ne trouve pas la force de défendre le régime public d'assurance maladie, nous allons le perdre», a-t-elle indiqué.

«L'économie ne se résume pas aux pipelines et aux ports. La souveraineté canadienne doit avoir un sens», a-t-elle ajouté.

Le groupe a prévu des réunions avec une centaine de députés et de sénateurs cette semaine sur diverses questions. Mme Michel ne figure pas sur cette liste.

«Nous avons été surpris et même déçus que les décideurs en matière de santé et le cabinet de la ministre (de la Santé) Marjorie Michel aient refusé à plusieurs reprises de nous rencontrer», a expliqué M. MacLean, ajoutant que les lobbyistes du secteur de l'assurance maladie privée ont rencontré les membres du gouvernement libéral à des dizaines de reprises.

Selon M. Bertrand, Mme Michel «a dialogué avec de nombreux groupes et individus préoccupés par notre système de santé, et continuera à le faire». Il a souligné que son cabinet était en contact avec la Coalition canadienne de la santé.

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne