Beauharnois-Salaberry et Haut-Saint-Laurent
Le mouvement « Le communautaire à boutte » reprend sa mobilisation

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Après plusieurs pauses, le mouvement Le Communautaire à boutte renoue avec l’action et enclenche sa phase 2. Celle-ci se traduira par la tenue de plusieurs actions en parallèle à la campagne électorale provinciale qui portera de nouveaux élus au pouvoir.
« Aujourd’hui, on tient une journée de rassemblement pour repartir la mobilisation. On avait hâte de se retrouver et de recommencer pour reprendre l’élan que nous avions au printemps. On voulait aussi aborder les prochaines étapes qui se traduiront par différentes actions locales, dont des rencontres avec les candidats en lice aux élections provinciales afin d’être vus et entendus. D’ailleurs, nos actions vont dépendre des positions prises par les candidats et de leur plan d’action pour le secteur communautaire », résume Vanessa Richer, intervenante au Centre D’Main de Femmes.
Parmi les prochaines mobilisations prévues au calendrier du communautaire, on peut noter le rassemblement du 15 septembre prochain à Trois-Rivières. Une marche de 2 km est prévue. « C’est le comté où Christine Fréchette se présente », indique-t-elle en guise d’explication.
Le 22 septembre, de 13 h à 16 h, au 222 rue Alphonse-Desjardins, une rencontre avec les candidats aux élections provinciales est prévue. Ces derniers seront invités à répondre à des questions concernant le mouvement « Le communautaire à boutte ».
Le 29 septembre, dans le Haut-Saint-Laurent, à la salle LBA, les intéressés pourront écouter en direct un débat des candidats de Huntingdon qui se tiendra à 17 h. Une discussion autour du mouvement est à l’horaire.
Pas juste une question salariale
Mme Richer rappelle que les négociations n’ont toujours pas abouti avec le gouvernement dans le dossier du milieu communautaire. « La société comprend mieux nos enjeux et nos revendications. On a eu des discussions dans le passé avec le gouvernement Fréchette, mais rien de concret n’en est ressorti. »
Les mesures déployées par le secteur communautaire dans les prochaines semaines pourraient aller jusqu’à la grève, comme ce fut le cas ce printemps.
Sébastien Poiré du Centre sur l’Autre Rive que, contrairement à la croyance populaire, les revendications du milieu communautaire ne sont pas que salariales. « On veut sensibiliser les gens à la cause. Les emplois sont précaires dans notre domaine, car les salaires ne sont pas élevés. Le salaire moyen est de 42 % moins que la moyenne québécoise au Québec, ce qui fait en sorte qu’il y a un roulement constant de personnel et que les employés en place sont extenués et fatigués en raison de la surcharge de travail. Il faut que ça change. »
D’après lui, la majorité des employés dans le communautaire, à l’exception de quelques postes, gagnent entre 35 000 $ et 40 000$ par année. « La plupart ne côtoie pas des clientèles faciles. Ça nous prend du personnel compétent, mais on peine à le conserver. C’est plus qu’une question salariale, c’est une question de conditions de travail. Au cours de sa vie, 33 % des gens auront, un jour ou l’autre, besoin des services d’un organisme communautaire. C’est énorme. On parle de 3 millions de personnes. »
Les principales revendications sont :
- Des conditions de travail décentes;
- Un financement récurrent;
- Une meilleure reconnaissance de l’autonomie des organismes communautaires;
