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La Banque du Canada maintient le taux directeur à 2,25%

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Étant donné que l’économie et l’inflation évoluent essentiellement comme prévu dans le Rapport de juillet, le Conseil de direction a convenu de laisser le taux directeur inchangé. Le taux officiel d’escompte demeure lui aussi à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, reste quant à lui à 2,20 %.
Le conflit qui se poursuit au Moyen-Orient maintient les prix de l’énergie à un niveau élevé. De plus, des nouveaux droits de douane américains et des contre-mesures canadiennes ont été annoncés à la suite de la rupture des négociations commerciales entre les deux pays. Ces deux situations continuent d’évoluer. En raison des prix du pétrole qui sont encore élevés, tout comme les marges sur les produits énergétiques raffinés, l’inflation demeure forte dans la plupart des pays. Comme le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que la réouverture du détroit d’Ormuz a peu progressé, les risques à la hausse entourant les perspectives d’inflation de la Banque ont augmenté.
Dans l’ensemble, l’économie mondiale s’est montrée résiliente face aux aléas géopolitiques, affichant une croissance essentiellement conforme à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de juillet.
Les conditions financières se sont toutefois resserrées depuis: les rendements des obligations à long terme ont augmenté à l’échelle mondiale, y compris au Canada où la valeur du dollar canadien a légèrement augmenté par opposition du dollar américain.
Comme prévu, l’activité économique au Canada s’est renforcée au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) ayant progressé de 3,3 % après avoir enregistré une très faible croissance au premier trimestre. Même si une partie de la vigueur récente est due à des facteurs temporaires, le redressement de l’activité était généralisé. La consommation a affiché des gains solides. Après plusieurs trimestres de faiblesse, l’activité sur le marché du logement a connu un certain rebond. Les exportations et les investissements des entreprises ont fortement augmenté. Les conditions du marché du travail se sont améliorées ces derniers mois, le taux de chômage étant légèrement descendu en juillet, à 6,4 %.
Dans l’ensemble, les données récentes confortent l’avis du Conseil de direction selon lequel nous assistons à une reprise de l’économie canadienne qui se généralise. Toutefois, l’incertitude est élevée, et les nouveaux droits de douane américains ainsi que les menaces de recours à d’autres mesures pourraient compromettre la durabilité de la reprise.
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est maintenue autour de 3 % ces derniers mois, principalement en raison des prix plus élevés de l’essence qui persistent. Jusqu’à présent, on voit peu de signes d’une transmission des prix plus élevés de l’énergie à d’autres composantes de l’inflation : si on exclut l’essence, l’inflation s’est établie à 2,2 % et les mesures de l’inflation fondamentale sont restées proches de 2 % en juillet. Plus les prix du pétrole et les marges des raffineries resteront élevés longtemps, plus les risques de transmission aux prix d’autres biens et services seront grands. Les nouveaux droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes feront également augmenter les coûts de certaines entreprises, et pourraient se répercuter sur les prix à la consommation avec le temps.
Les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté, et les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Le Conseil va évaluer la durabilité du rebond économique et les perspectives d’inflation, et se tient prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins.
