Michael Bolduc estime que la Ville nuit au développement de sa rue principale
Un commerçant de Rigaud refuse de baisser les bras

Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local
Michael Bolduc est propriétaire d'un salon de coiffure situé dans le noyau villageois de Rigaud depuis près de dix ans. Pour lui, la Ville laisse ses commerçants à eux-mêmes et ralentit leurs efforts de développement. Il arrive toujours à trouver des solutions, mais il admet être à bout de souffle.
M. Bolduc critique un certain manque d'équité, des processus fastidieux et un manque de communication flagrant de la part du service de l'urbanisme, mais aussi des élus. Même s'il comprend que les démarches peuvent prendre du temps, le coiffeur estime que les demandes de permis sont trop souvent compliquées.
« Il n'y a jamais rien de simple, on complique les choses pour rien et on nous demande beaucoup trop de choses », mentionne Michael Bolduc.
La goutte qui a fait déborder le vase
Récemment le commerçant a voulu déménager son commerce d'un local à un autre situé à quelques pas de son ancienne adresse. Ceci dit, il n'a pas oublié le fardeau que cela nécessite auprès de l'administration municipale: « La dernière fois que j'ai déménagé, j'ai reçu mon permis trois mois après mon ouverture », relate M. Bolduc.
Le permis qu'il a donc demandé cette fois-ci lui a d'abord été refusé en raison du moratoire lié au manque d'eau. « Je comprends les enjeux d'approvisionnement en eau. Je comprends qu'une municipalité doive prendre des décisions difficiles. « Ce que je comprends moins, c'est le manque de cohérence dans leur application », évoque Michael Bolduc qui pourtant ne consomme pas plus d'eau qu'auparavant.
Au contraire, son nouvel emplacement est plus petit, a moins de postes de travail, et moins de lavabos. C'est d'autant plus frustrant pour le coiffeur quand il voit d'autres projets, tels que les travaux d'agrandissement du collège Bourget, prendre leur envol.
« Je ne remets pas en question ces projets [mais] pourquoi c'est plus difficile pour un petit commerçant alors que je m'efforce de trouver des solutions », ajoute M. Bolduc. À la blague, ce dernier a proposé à la Ville d'offrir un rabais de 15 % à ses clientes qui arriveraient avec leur cruche d'eau. Il a finalement obtenu son permis, lui interdisant néanmoins d'ajouter ne serait-ce qu'un point d'eau. Son salon ouvrira ses portes en novembre.
Un problème persistant
Celui qui gère un salon de coiffure depuis une décennie à Rigaud s'est fait dire par quelqu'un à la Ville qu'il devrait peut-être considérer déménager dans une autre ville s'il voulait poursuivre ses activités !
« Depuis dix ans, je paie mes taxes. Depuis dix ans, j'emploie des gens, je fais vivre un propriétaire, j'accueille une clientèle fidèle qui, en venant chez nous, fréquente également les restaurants, les cafés et les autres commerces de notre rue principale. Depuis dix ans, j'ai choisi Rigaud parce que je croyais en cette ville […] Imaginez entendre cela après dix ans à investir dans une ville », souligne Michael Bolduc.
Il fait remarquer que, mise à part les plus vieux commerces, rien de nouveau ne semble parvenir à s'établir efficacement sur la rue Saint-Jean-Baptiste Est. « Ce qui me désole le plus, ce n'est pas mon dossier. C'est de voir une rue principale qui peine à attirer de nouveaux commerces et d'entendre de plus en plus de propriétaires dire qu'ils préfèrent s'établir ailleurs. »
Pour le commerçant local, il suffit de donner un soutien aux entrepreneurs de Rigaud. « En plus de ne pas nous aider, j'ai l'impression qu'ils nous mettent des bâtons dans les roues. Je ne comprends pas leur manière de penser […] Nous ne demandons pas de privilèges, nous demandons seulement d'être écoutés, traités avec équité et de sentir que notre réussite est aussi importante pour la Ville que pour nous », conclut M. Bolduc.
