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Des fusées montées à Montréal, testées à Sainte-Marthe et lancée d'ailleurs dans le monde

Visite dans l'atelier du Club RockETS

durée 18h00
23 juillet 2026
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Maxim Ouellet
Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local

Plus tôt cette semaine, Néomédia a eu la chance de rencontrer des étudiants de l'École de technologie supérieure (ÉTS) en plus de visiter les quartiers généraux du Club RockETS: un atelier jonché de plans et de pièces voué à être assemblé en fusée ! 

Si Mélanie Fressard, étudiante en génie logiciel, et Paul Arnautovich, étudiant en génie mécanique, s'affairent à finaliser l'assemblage de leurs fusées, c'est dans le but d'aller tester ceux-ci à Sainte-Marthe, au cœur de Vaudreuil-Soulanges. Leur prochaine phase d'essais est même prévue pour le samedi 25 juillet !

Notons que leur projet, aussi ambitieux soit-il, se fait à l'extérieur des heures de cours normales. « Ça permet aux gens d'explorer leurs intérêts secondaire en dehors du bac, ils peuvent vraiment essayer des choses auxquels il ne s'intéresseraient pas normalement », exprime Paul.

Le club ROCKETS conçoit et fabrique deux fusées par année, et ce de A à Z.  Quand on envoie un engin de cette taille à parfois plus de 60 000 pieds dans les airs, soit deux fois la hauteur des avions de ligne, il faut s'assurer que tous les matériaux sont les mieux adaptés et les plus performants possible.

Les coques sont réalisées en fibre de carbone, enroulée couche par couche sur des cylindres en aluminium, puis cuite à 200 degrés dans un four industriel pour durcir la résine. Le résultat : des structures légères capables d'encaisser des forces considérables.

L'équipe est divisée en cinq départements: aérostructure, propulsion, avionique, paquetage et communications. En tout, le club réunit encore une quarantaine d'étudiants en période estivale. 

« C'est exceptionnel parce que d'habitude, on est vraiment beaucoup moins », explique Mélanie qui est également capitaine de l'équipe de compétition. En gros, c'est elle qui s'assure de la cohésion entre chaque département.

Sainte-Marthe comme terrain d'essai

Faute de pouvoir procéder à des lancements en vol à proximité de Montréal, le club effectue ses tests de moteur à feu sur des terrains agricoles.  Il y a d'ailleurs un site à Sainte-Marthe.

Le champ situé à Sainte-Marthe a été rendu accessible grâce à une entente entre l'ÉTS et la Municipalité. Sur place, les moteurs sont fixés horizontalement sur un banc d'essai et mis à feu pour capturer des données, mieux comprendre les performances et déceler les ajustements nécessaires avant les compétitions.

L'an dernier, un test à Sainte-Marthe avait généré une déflagration si puissante qu'elle avait été entendue à près de 100 kilomètres à la ronde.  « On avait prévenu la ville, mais je pense qu'elle n'avait pas relayé l'information aux services de sécurité incendie, donc les pompiers étaient venus », justifie Mélanie. Depuis, l'équipe s'assure que la Municipalité les prévient avant de procéder à un test de feu.

Vers l'infini et plus loin encore

« Dans le fond, les fusées, on les lance seulement dans les compétitions, parce qu'il faut les autorisations de Transport Canada, donc on ne peut pas les lancer à Sainte-Marthe », souligne Mélanie Fressard.  « N'importe où, près des villes, et surtout de l'aéroport, c'est essentiellement impossible de faire un lancement. « D'où pourquoi nos compétitions sont dans des endroits isolés », ajoute Arnautovich. 

Pour ne pas gêner le trafic aérien, les vrais lancements ont souvent lieu en plein milieu de nulle part, dans un désert du Texas ou encore à Timmins en Ontario.

Chaque fusée embarque aussi une charge utile scientifique évaluée séparément en compétition. « C'est la raison pour laquelle on lance. En théorie, toute fusée a pour objectif de lancer quelque chose dans l'espace: on ne s'en va pas juste dans l'espace pour dire qu'on le fait. « On veut essayer de faire quelque chose avec », met de l'avant Paul.

Cette année, le département de payload travaille sur un système de préservation des conditions de vie, visant à maintenir une température stable d'environ 37 degrés Celsius à l'intérieur d'une capsule exposée à des températures pouvant atteindre -70 degrés en haute atmosphère. Le projet intègre des matériaux absorbant les vibrations, des systèmes d'isolation thermique et des mécanismes de régulation de température.

Les prix remportés dans le cadre des compétitions internationales, qu'ils soient monétaires ou matériel tels qu'un moteur valant plusieurs milliers de dollars ou d'autres pièces, contribuent au financement des activités de l'année suivante.

En complément, des subventions de l'ÉTS et des commanditaires tels que Milwaukee, Swagelok et Metal CN permettent à RockETS de maintenir ses activités et de viser de nouveaux sommets.

La sécurité, une priorité non négociable

Manipuler des bonbonnes sous pression à 900 PSI, des produits inflammables et des batteries au lithium implique des risques réels. L'équipe applique des procédures de sécurité strictes, conformes aux normes de SST, et fait l'objet d'audits réguliers de la part de l'école.

Des formations en premiers soins sont également dispensées aux membres. Les incidents graves demeurent rares. La blessure la plus sérieuse recensée étant une brûlure à la main causée par l'explosion d'une batterie au lithium.

Au-delà des compétitions, de leur travaille et  le club participe à des activités de sensibilisation dans les camps de jour du Cosmodrome, dans l'espoir de transmettre leur passion de l'espace à la prochaine génération d'ingénieurs.

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