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5 novembre 2017 - 09:00

ÉDITORIAL : Et si l'intimidation n'avait pas d'âge?

Par Jessica Brisson, Journaliste

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Est-ce moi, ou le pire conseil à donner à un enfant victime d'intimidation, est d'ignorer son intimidateur?  On s'entend, je ne dit pas de répondre par la violence.  On le sait tous, la violence engendre la violence.  Ce que je dit c'est qu'il serait peut-être bien d'encourager nos jeunes à s'exprimer, à dire tout haut ce qu'il pense sans avoir peur.

Le pire c'est qu'une fois adulte, on va dire à nos jeunes de se tenir debout, de s'exprimer, de ne pas avoir peur de parler, de prendre position, de croire en eux.  Comment en tant qu'adulte, seront-ils en mesure de parler, si en tant qu'enfant on les conditionne à ignorer? Je ne crois pas exagérer en disant que tous les parents ont, à un moment ou un autre, prononcé les phrases suivantes: « Laisse le faire, ignore-le! », « Il va se tanner! », « Ne t'en occupe pas! »  On va se le dire, c'est pas vrai qu'il va se tanner. 

J'ai été victime d'intimidation et aujourd'hui en tant qu'adulte, je réalise que je ne sais toujours pas comment me défendre contre les attaques.  Parce que oui, l'intimidation est encore bien présente. L'intimidation n'est pas qu'un jeu d'enfants ou de cours d'école.  Et rendu adulte, les attaques sont bien plus subtiles, mais tout aussi dommageables.  L'avantage de vieillir, on prend de l'expérience!

À 30-40-50 ans, tout ce nous arrivons à faire c'est d'ignorer nos intimidateurs, parce que c'est ce qu'on nous a appris.  Pourtant ça ne les arrête pas.  Ce n'est pas vrai qu'en ne leur donnant pas l'attention qu'ils ou elles réclament, que le problème va arrêter.  Écouter leurs paroles sans jamais leur dire d'arrêter, sans jamais leur faire part de notre désaccord, n'est-ce pas la une façon d'encourager leur comportement malsain? Qui ne dit mot consent.

C'est inévitable, tôt ou tard, nous serons tous confronté à une situation de la sorte. Nous en avons eu la preuve dans les dernières semaines. Je salue le courage de ceux et celles qui se sont levés contre leur agresseur, intimidateur. Mais avouons-le, il reste encore beaucoup de travail. Combien d'années se sont écoulées avant que les victimes ne parlent? J'aurais tendance à dire trop.  Il faut arriver à le dire, à le dénoncer, à le crier; « Laissez-moi tranquille! », « Lâchez moi! », « Cris... moi patience! »

Et si nous apprenions à nos enfants à s'exprimer plutôt qu'à ignorer? N'est-ce pas là un début de solution au mal de vivre qui plane sur notre société où règne la loi du silence? Évidement, vous comprendrez qu'il est nullement question de répondre par la violence ici. Je parle de verbaliser, de dialoguer. Tout se dit, il suffit de trouver la bonne façon de le dire.   Apprenons à communiquer, qu'en pensez-vous?

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  • Il n'est pas important, il est essentiel d'apprendre aux enfants à verbaliser le problème, mais l'enfant doit aussi trouver une écoute. Trop souvent le problème est minimisé voir ignoré par le parent. J’ai aussi été intimidée, harcelée, frappée et ma porte de sortie a été de ne faire absolument rien, d'attendre que ça passe, que ça finisse. Dans mon cas, enfant, il s’agissait de jeunes qui opéraient en groupe, un leader et ses exécutants. Ma plus grande faute, mon plus grand irritant pour ces gens, j’étais grosse. J’ai continué ma vie avec une autodérision exagérée, une jovialité que l’on reconnaissait aux grosses personnes et mon silence. Depuis peu et avec beaucoup d’aide, j’ai commencé à répondre aux gens qui abusent de leur prétendu pouvoir, aux insignifiants qui trouvent leurs paroles et leurs gestes amusants ou anodins, aux plus que parfait qui jouent constamment sur la ligne et qui prétendent que c’est une « joke ». Tout comme Jessica, je ne suis vraiment pas habile et il m’arrive encore de chuter et de passer pour un être non adapté socialement. Se refaire c’est le travail d’une vie. Je peux vous assurer que si ça commence à l’école, ça continue ensuite, comme si le fait d’avoir été marqué une fois suffisait aux autres abuseurs, harceleurs, batteurs, de nous reconnaître et de poursuivre le travail inachevé. Malgré mon âge, je ne suis pas encore remise de tout le mal que j’ai subi tout au long de mon parcours, mais je suis encore debout et je travaille simplement et égoïstement à une vie meilleure. Jessica, merci de vous êtes tenue debout et de ce texte.

    line - 2017-11-06 09:24