Oeuvre d'un sculpteur de renom
« La Nymphe de l’Anse » dévoilée à Pointe-des-Cascades

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Au cours des dernières semaines, le parc des Ancres de Pointe-des-Cascades a accueilli une sculpture réalisée par un artiste de renom Maurice Harvey, dont les oeuvres sont exposées aux quatre coins du monde. Néomédia dresse la genèse de ce projet en collaboration avec la Société de Recherches historiques Pointe-des-Cascades (SRHPDC).
C'est cet organisme qui a initié le projet baptisé SYNERGIE en octobre 2025. Plus précisément, c'est lors d'un séjour à Saint-Jean-Port-Joli, démarche visant à favoriser les avantages d’un jumelage entre cette localité et celle de Pointe-des-Cascades avec la vision de faire connaître leurs villages respectifs. À ce périple, on pris part les frères Jean-Pierre Poirier et Raymond Poirier, l’un à titre de conseiller municipal et l’autre à titre de directeur des Communications à la Société de Recherches historiques Pointe-des-Cascades (SRHPDC).
« Le projet a pris forme lors d’une visite en mars 2026. Il fut convenu que des panneaux interprétatifs seront implantés dans chaque PARC des deux communautés. Chaque organisme fournira un objet représentatif à installer sur le site de chacun des deux parcs. La SRHPDC a choisi de fournir la fameuse ancre de l’épave du Cécilia L. et St-Jean-Port-Joli fournira une sculpture typique à sa réputation déjà établie dans le domaine de la sculpture sur
bois. Toutefois, ce type de structure pourrait devenir un problème d’entretien au Parc des Ancres de Pointe-des-Cascades », résument les frères Poirier dans un courriel acheminé à l'autrice de ces lignes.
Voici une description de l'oeuvre selon son créateur:
Cette oeuvre n’est qu’un éclat d’un grand héritage culturel d’un artiste sculpteur infatigable ayant vécu à Saint-Jean-Port-Joli. L’œuvre symbolise une terre face à la mer du sud où s’écoule tranquillement un rythme de vie qui a su conserver son charme d’antan. L’artiste façonne la pierre pour créer la vie. Cette œuvre inachevée met en scène un dialogue silencieux entre la création et le désir. La figure féminine, déjà largement sculptée, apparaît comme aboutie dans sa propre identité, tandis que l’homme, encore en cours de formation et étroitement lié à son épaule, incarne un devenir, une projection. Le choix de montrer la femme comme initiatrice du geste créateur inverse les rôles traditionnels, elle n’est plus simplement une muse, mais un guide. Par son regard, chargée à la fois de douceur et d’exigence, elle semble transmettre au sculpteur ses propres attentes, comme si l’homme en devenir devait répondre à une vision intérieure, à un idéal façonné. L’inachèvement de la sculpture devient alors essentiel : il symbolise l’attente, le potentiel, mais aussi la fragilité du lien en construction. L’homme n’est pas encore autonome, encore attaché à elle, presque issue d’elle, ce qui évoque une relation où l’amour, l’espoir et la dépendance se mêlent. Dans l’expression de la femme se lit un bonheur anticipé, une promesse de complétude. Pourtant, cette attente soulève aussi une question, peut-on réellement créer l’autre selon ses propres désirs.
Lors de la visite de planification en mars 2026, Raymond Poirier dans ses recherches a découvert l’histoire singulière d’un maître-sculpteur de St-Jean-Port-Joli (SJPJ) nommé Maurice Harvey qui lui, sculptait la pierre mais ce dernier était décédé depuis plus d’un an.
« Au préalable de la rencontre avec le maire et les principaux intervenants de SJPJ, les deux frères ont décidé d’aller frapper à la porte de la veuve de Maurice Harvey dans le but de visiter son atelier. Ô Miracle! Madame Claire Wingen, la veuve, nous a proposé une sculpture inachevée à dessein de son mari intitulée la « Nymphe de l’Anse » exposée en devanture de la maison. Elle était tout ce que l’on pouvait espérer à positionner bien en évidence pour les prochains 50 ans sans besoin d’entretien au Parc des Ancres », ajoute-t-on.
Le maire de SJPJ Normand Caron et ses adjoints ont accepté la proposition que la SRHPDC achète l’œuvre d’art, au coût de 6 100 $ et qu’elle soit livrée dès l’été 2026 pour coïncider avec les festivités entourant le 50e anniversaire de fondation de la SRHPDC.
L’objectif de la SRHPDC est d’ajouter deux nouvelles facettes au Parc des Ancres, soit des objets d’ART et de créer la place « Mer de Champlain » propice à l’interprétation de la géologie du Haut Saint-Laurent. En 2027, la municipalité de SJPJ fêtera ses 350 ans d’existence et elle profitera de l'occasion pour compléter les panneaux interprétatifs se rattachant au projet de la place d’accueil, voisins de la «Nymphe de l’Anse».

C’est ainsi que les deux frères Poirier ont réalisé un coup de maître en osant aller frapper à froid à la porte de la veuve de Maurice Harvey.
« La vision du maire Peter Zytynsky à faire confiance à la Société de Recherches historiques Pointe-des-Cascades pour représenter la municipalité à St-Jean-Port-Joli porte fruits. Elle est
garante d’un bel avenir à développer ces thématiques dans notre centre village soit la venue de nouveautés telles que les « Arts » et la « Géologie » toujours pour le bien des concitoyens de Pointe-des-Cascades », conclut-on.
