Balado en rattrapage
Se reconstruire après avoir survécu à une tentative de féminicide

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
« [L'amour], ce n'est pas de se faire contrôler par une autre personne », témoigne Maryse Filion en entrevue balado avec Néomédia douze ans après avoir survécu à une tentative de féminicide, le 17 août 2014.
Par définition, la résilience est « la capacité à surmonter les chocs et à rebondir face à l'adversité. » Quand on prend connaissance de l'histoire vécue par Maryse Filion ce jour-là, on comprend tout le sens de ce mot.
Résidente de la région, Mme Filion a tout récemment publié et édité elle-même un livre autobiographique intitulé Je sais ce que l'amour n'est pas, dans lequel elle raconte les faits puis les différentes étapes ayant mené à sa guérison.
Tout juste rétablie d'une séparation avec le père de ses enfants, Maryse Filion tombe en amour, malgré tout, avec un homme de son entourage élargi. La première année se déroule sans heurts, mais les drapeaux rouges apparaissent les uns à la suite des autres.
Lentement, mais surement, elle perd de vue sa famille et ses amis, elle est harcelée via textos, elle se sent de plus en plus contrôlée et prisonnière sans possibilité d'issue. Tout bascule lorsque son conjoint se met à lancer des menaces de mort. La violence allait s'intensifier.
Un mois après qu'elle eut mis fin à la relation, l'homme la suit jusqu'à un Tim Hortons de Rivière-Beaudette. Il lui bloque la route avec son véhicule, déverrouille sa portière à l'aide de son trousseau de clés volé, puis l'agresse violemment : coup de poing à la tempe, coups de couteau au flanc gauche et au cœur, avant de tenter de l'extirper de son véhicule. Ce sont deux passants qui interviennent et mettent fin à l'agression. L'homme prend la fuite, traverse vers la rive nord par le traversier d'Oka et est finalement arrêté près de Sainte-Placide au terme d'une poursuite policière.
En entrevue avec notre journaliste dans le tout nouveau balado de Néomédia, Maryse Filion s'est ouverte en revenant sur les événements ayant marqué à jamais sa vie.
« La honte et la culpabilité ne doivent pas m'appartenir », relate-t-elle. C'est à partir du moment où elle l'a compris qu'elle dit avoir vraiment commencé à guérir.
