Entrevue avec Frédérick Perrier de la CCIVS
Les tarifs douaniers causent la mise sur pause de projets dans la région

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Même si elle a été évitée cette fois-ci, la menace d’imposition de tarifs douaniers de 50 % sur divers articles produits au Canada et exportés aux États-Unis plane toujours. Néomédia fait le point sur la situation avec le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges, (CCIVS), Frédérick Perrier.
S’ils entrent en vigueur dans les prochains jours, les nouveaux tarifs de 50 % toucheront les items suivants: matériaux de bois tels que des panneaux de contreplaqué, ciment, les meubles, les vins et boissons alcoolisées, les produits de papier et de carton. Certaines autres sources citent même que d’autres produits comme le duvet, le miel, les bulbes de tulipes, les huiles essentielles, les bâtonnets à crème glacée, les produits laitiers et les bâtons de hockey seraient aussi touchés.
Des impacts concrets qui se font sentir chez nous
« C’est certain que ça se fera sentir jusque dans la chaîne économique de Vaudreuil-Soulanges. En ce moment, les entreprises oeuvrant dans le secteur de la logistique et du transport sont touchées par les tarifs déjà en vigueur de même que celles qui dépendent de produits spéciaux importés confectionnés à partir d’aluminium. Les impacts sont aussi importants au sein des grandes entreprises de transformation de la région.»
Pour illustrer comment prennent forme ces impacts, M. Perrier cite deux exemples sans toutefois nommer les entreprises impliquées. « Dans le premier cas, une entreprise m’a confié qu’elle s’apprêtait à déployer une nouvelle ligne de production avant l’entrée en vigueur des tarifs. Le projet a été mis sur pause pour le moment. Dans un autre cas, une entreprise était sur le point de mettre en place un troisième quart de travail qui lui aurait permis d’assurer une production 24 heures sur 24. Là aussi le climat d’incertitude actuel a débouché par l’annulation de cette démarche. Les impacts sont vraiment concrets et se traduisent par un ralentissement de l’économie locale. »
Quelles solutions?
Si en ce moment, les solutions offertes aux entreprises touchées sont inexistantes, M. Perrier a quand même un conseil pour elles. « On peut recueillir les inquiétudes et préoccupations des entrepreneurs d’ici, membres ou non de la Chambre de commerce, afin de les transmettre à la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ). Cette dernière va s’assurer de faire le pont avec les paliers provinciaux et fédéraux. C’est le meilleur moyen de faire front commun. Sinon, j’incite les entreprises à se diversifier et à s’ouvrir à d’autres marchés quand c’est possible. En se tournant vers un nouveau réseau de distributions, elles seront moins dépendantes d’une seule source et à la merci d’un marché assez instable, comme c’est le cas en ce moment», conclut-il.
Nul doute que les tarifs douaniers seront au cœur de la campagne électorale qui s’amorcera dans les prochaines semaines au Québec. De son côté, la FCCQ a établi sept priorités économiques du prochain gouvernement, soit: alléger la fiscalité des entreprises, réduire le fardeau réglementaire, relancer le secteur manufacturier, augmenter la proportion de moyennes et grandes entreprises, faciliter l’accès aux travailleurs, réaliser notre plein potentiel minier et énergétique et acheter québécois et favoriser la participation des PME aux marchés publics.
